Zimbabwe : la NRZ négocie 115 millions de dollars pour relancer le fret ferroviaire

Le secteur Rail & fret ferroviaire au Zimbabwe pourrait bénéficier d’un financement de 115 millions de dollars négocié par la NRZ avec Afreximbank. Le projet vise l’acquisition de locomotives et de wagons ainsi que la réhabilitation de certaines sections du réseau.
Un financement ferroviaire de 115 millions de dollars au Zimbabwe
Lead — quoi, où, quand, qui : Les Chemins de fer nationaux du Zimbabwe (NRZ) négocient, en septembre 2026, un financement de 115 millions de dollars auprès d’Afreximbank pour renforcer leur capacité de transport de fret. L’opération prévoit notamment 10 locomotives et 315 wagons, ainsi que des travaux sur certaines portions du réseau ferroviaire.
Le projet intervient après plusieurs années de sous-investissement ayant réduit la capacité opérationnelle de la NRZ. Selon les informations communiquées par John Mangudya, directeur général du fonds souverain Mutapa Investments, qui supervise désormais l’entreprise ferroviaire, le financement doit permettre de remettre progressivement des équipements en service et d’améliorer les capacités du réseau.
Fret ferroviaire au Zimbabwe : une capacité fortement réduite
La NRZ fait face à une baisse importante de ses volumes. Son trafic annuel est passé d’environ 12 millions de tonnes dans les années 1990 à 2 millions de tonnes en 2025.
Cette contraction réduit la capacité du rail à absorber les flux de marchandises en vrac. Le transport routier a ainsi pris une place plus importante dans l’acheminement des minerais et autres cargaisons vers les marchés et les ports d’exportation.
Pour les chargeurs, cette situation peut se traduire par une pression accrue sur les coûts de transport et sur les infrastructures routières. Le retour d’une capacité ferroviaire suffisante permettrait de transférer une partie des flux lourds vers le rail.
Le secteur minier comme moteur du fret ferroviaire
Le potentiel de reprise est particulièrement lié au secteur minier. Le lithium constitue notamment un nouveau flux pour la NRZ.
En juillet 2026, l’opérateur avait annoncé le lancement du transport de concentré de lithium par rail vers le port de Maputo, au Mozambique, avec des partenaires privés. Cette liaison ouvre une alternative au transport routier pour les minerais destinés à l’exportation.
La NRZ a également engagé des opérations avec des entreprises privées. Un partenariat avec Zimasco, spécialisée dans le ferrochrome, a notamment permis la mise en service de trois locomotives et 100 wagons remis à neuf.
Pourquoi c’est important
- Capacité : les 10 locomotives et 315 wagons prévus doivent renforcer les moyens disponibles pour le fret lourd et les marchandises en vrac.
- Coûts logistiques : un transfert d’une partie des flux miniers de la route vers le rail pourrait réduire la pression sur les coûts et les infrastructures routières.
- Accès aux corridors : la connexion ferroviaire vers Maputo renforce l’accès du Zimbabwe aux routes d’exportation régionales.
Un besoin d’investissement encore supérieur
Les 115 millions de dollars envisagés ne couvriraient qu’une partie des besoins de la NRZ. Selon John Mangudya, environ 600 millions de dollars seraient nécessaires pour une modernisation complète du réseau et du matériel roulant.
Le financement négocié avec Afreximbank constituerait donc une première étape. D’autres ressources devront être mobilisées pour réhabiliter davantage de voies et renouveler les équipements.
Perspective régionale
La relance du fret ferroviaire au Zimbabwe s’inscrit dans un enjeu plus large pour les corridors d’Afrique australe. Le renforcement des connexions avec le Mozambique et le port de Maputo peut offrir aux producteurs miniers une solution complémentaire au transport routier et diversifier les itinéraires d’exportation.
Pour les opérateurs logistiques, l’enjeu sera désormais de transformer les investissements dans le matériel roulant en capacité régulière, avec des délais et des coûts suffisamment compétitifs pour attirer durablement les flux miniers.
Le financement de 115 millions de dollars négocié par la NRZ avec Afreximbank doit renforcer le fret ferroviaire au Zimbabwe, mais reste inférieur aux besoins estimés à 600 millions de dollars. La disponibilité du matériel et la réhabilitation du réseau seront déterminantes pour restaurer la capacité ferroviaire et soutenir les flux miniers vers les corridors régionaux.

