Ghana : un nouveau port sur le lac Volta pour désengorger Tema et acheminer les marchandises vers le Nord

le gouvernement prévoit de développer un nouveau port à Mpakadan, sur le lac Volta, afin de transférer des conteneurs du rail vers des barges et de créer une nouvelle chaîne logistique entre le port de Tema, le nord du pays et plusieurs marchés enclavés d’Afrique de l’Ouest.
Le projet doit renforcer le rôle du transport fluvial dans l’acheminement des marchandises au Ghana. Le schéma envisagé repose sur une combinaison de rail, navigation intérieure et transport routier : les cargaisons débarquées à Tema seraient acheminées par rail jusqu’à Mpakadan, puis transférées sur des barges à destination de Buipe, avant de poursuivre leur trajet par route vers le nord du Ghana.
Cette organisation doit permettre de déplacer une partie des flux aujourd’hui concentrés sur les axes routiers. Le ministère ghanéen des Transports estime que l’utilisation du lac Volta pourrait notamment réduire la pression exercée par les poids lourds sur les principales routes et contribuer à limiter leur dégradation.
Mpakadan comme point de transfert rail-fluvial
Le futur port de Mpakadan doit jouer le rôle de plateforme d’interchange entre le rail et le transport fluvial. L’objectif est de faciliter le passage des conteneurs arrivant de Tema vers des barges opérant sur le lac Volta.
Le ministre des Transports, Joseph Bukari Nikpe, a présenté ce dispositif lors d’une visite de travail auprès de Volta Lake Transport Limited (VLTL), où il a inspecté l’avancement des travaux liés au développement de l’infrastructure.
Le gouvernement veut ainsi constituer une chaîne de transport plus intégrée, capable de relier directement les infrastructures portuaires de la côte aux marchés du nord du Ghana.
Un nouvel itinéraire vers les pays enclavés
Au-delà du marché intérieur, le projet présente un intérêt pour les flux régionaux. Depuis Buipe, les marchandises pourraient poursuivre leur route vers le nord du Ghana puis vers des pays enclavés comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Pour les opérateurs logistiques, l’enjeu est donc de disposer d’une alternative au transport routier intégral depuis Tema. La combinaison rail-fluvial-routier pourrait contribuer à diversifier les itinéraires de fret et à réduire la concentration des camions sur les corridors terrestres ghanéens.
Le projet s’inscrit également dans la stratégie d’intermodalité du Ghana et dans ses ambitions de renforcer les échanges régionaux dans le cadre de la ZLECAf.
Réduire la pression sur Tema et les routes
Le développement du port de Mpakadan intervient alors que le Ghana cherche à améliorer la circulation des marchandises depuis son principal complexe portuaire de Tema.
Le modèle envisagé ne consiste pas à remplacer le transport routier, mais à redistribuer les flux entre plusieurs modes. Les conteneurs pourraient ainsi emprunter le rail sur le premier segment, le lac Volta sur le segment central, puis la route pour la desserte finale.
Cette organisation pourrait réduire les coûts de transport, améliorer les délais d’acheminement et limiter le nombre de poids lourds parcourant les longues distances entre le sud et le nord du pays.
Pour les acteurs de la supply chain, le principal enjeu sera désormais la capacité à coordonner efficacement les opérations de transbordement, la disponibilité des barges, les capacités de manutention et la continuité entre les différents modes de transport.
Le projet doit également contribuer à développer de nouvelles activités économiques autour du lac Volta, notamment dans le stockage, la manutention, le commerce et les services de transport.

