POURQUOI LES INITIATIVES DE CHAÎNE D’APPROVISIONNEMENT CIRCULAIRE CRITIQUE SONT AU POINT MORT
l’économie circulaire ne se limite plus à la réduction des déchets et des émissions. Elle devient également un levier de résilience, de compétitivité, de croissance et de création d’emplois. Pour Armand van Oostrom, conseiller en transformation des chaînes d’approvisionnement et des écosystèmes, les acteurs de la supply chain ont un rôle central à jouer dans cette transition.
Présent à Cape Town à l’occasion de la conférence SAPICS 2026, Van Oostrom a souligné l’importance de repenser les chaînes d’approvisionnement afin de maintenir les produits, composants et ressources en circulation le plus longtemps possible. Cette approche concerne l’ensemble de la chaîne, de l’approvisionnement et de la production à la logistique, la récupération et la réutilisation.
Un potentiel important pour l’Afrique
Les chaînes d’approvisionnement circulaires présentent un intérêt particulier pour l’Afrique. Selon Van Oostrom, elles pourraient contribuer à la création de 11 millions d’emplois verts et renforcer le rôle du secteur informel, qui constitue une composante importante de nombreuses économies africaines.
En Afrique du Sud, environ 40 % du recyclage municipal serait assuré par des récupérateurs informels. Au Ghana, le commerce informel des déchets électroniques représenterait environ 100 millions de dollars par an. À cela s’ajoute la gestion des déchets produits sur le continent, estimés à plus de 100 millions de tonnes par an.
Neuf leviers pour développer la circularité
Van Oostrom rappelle les neuf principes de la circularité : refuser, repenser, réduire, réutiliser, réparer, reconditionner, remanufacturer, réaffecter et récupérer.
Mais leur mise en œuvre dépend avant tout de la capacité des acteurs à coordonner leurs actions. Selon lui, de nombreuses initiatives circulaires restent limitées par la complexité des systèmes, la multiplicité des intervenants, l’absence de responsable clairement identifié et des objectifs parfois contradictoires.
L’une des réponses consiste à passer d’une logique de chaîne à une logique de système.
Cartographier avant de transformer
Deux approches sont particulièrement importantes : la cartographie des écosystèmes et la co-conception systémique.
La cartographie permet d’identifier les acteurs, les interdépendances et les principaux points de blocage d’une chaîne de valeur circulaire. Elle doit ensuite servir de base à la conception collective du système, en réunissant entreprises, fournisseurs, clients, pouvoirs publics, investisseurs et autres parties prenantes.
L’objectif est notamment de tester des solutions à petite échelle, d’en mesurer les résultats et d’utiliser les enseignements obtenus pour préparer leur déploiement.
Le déficit de compétences reste un obstacle
La transition vers des chaînes circulaires se heurte également à un déficit de compétences. Van Oostrom pointe notamment des formations isolées, des profils de postes encore imprécis et un manque d’expérience pratique.
Pour y répondre, il préconise de lancer des expérimentations limitées autour des compétences nécessaires. Une première étape pourrait consister à cartographier une chaîne de valeur circulaire, à définir trois fonctions clés et à réunir un employeur, un établissement de formation, un intermédiaire et un organisme public.
Cette approche permettrait de tester des parcours de formation en situation de travail et d’en mesurer les résultats avant d’envisager une généralisation.
SAPICS met la supply chain africaine au centre des échanges
Ces enjeux ont été abordés lors de la conférence SAPICS 2026, organisée à Cape Town. L’événement, consacré aux professionnels de la supply chain, a réuni environ 600 participants venus d’Afrique et d’autres régions.
Depuis 1966, SAPICS accompagne le développement de la profession de supply chain en Afrique du Sud et sur le continent à travers ses activités de formation, ses événements, son réseau de membres et ses programmes éducatifs.
L’économie circulaire ajoute ainsi une nouvelle dimension aux responsabilités des professionnels de la supply chain : il ne s’agit plus seulement d’optimiser les flux de produits et de matières, mais aussi de concevoir des systèmes capables de maintenir les ressources en circulation, de réduire les pertes et de soutenir de nouveaux modèles économiques.

