RDC : les transporteurs kényans appelés à suspendre les trajets non essentiels face à l’insécurité

Transport routier — En République démocratique du Congo (RDC), l’insécurité sur les axes reliant Mahagi à Kisangani pousse l’association kényane LoDCA à recommander la suspension des trajets non essentiels. Après la mort d’un chauffeur kényan et l’enlèvement temporaire de six conducteurs, les transporteurs doivent revoir leurs conditions d’exploitation sur les routes de l’est du pays.
Corridor Mahagi–Kisangani : une alerte qui pèse sur les flux de marchandises
Dans une alerte publiée le 14 octobre 2026, la Long-Distance Drivers and Conductors Association of Kenya (LoDCA) a appelé les entreprises de transport à suspendre les déplacements non essentiels sur l’axe Mahagi–Pimbo–Djugu–Bunia–Kisangani.
Cette recommandation fait suite à plusieurs incidents visant des transporteurs dans l’est de la RDC. Selon l’association, six conducteurs kényans, parmi douze personnes signalées comme capturées lors d’une embuscade, ont ensuite été retrouvés sains et saufs. Les camions concernés auraient subi des dégradations, notamment des vitres brisées, des pneus dégonflés et le retrait de plaques d’immatriculation.
L’association n’a pas précisé les circonstances de la capture ni celles de la libération des conducteurs. Elle a également signalé la mort d’un chauffeur kényan, dans un contexte de multiplication des attaques contre les professionnels du transport routier.
LoDCA recommande aux chauffeurs déjà présents dans les zones à risque de rejoindre des lieux sûrs, de maintenir le contact avec leurs responsables de flotte et de suivre les consignes des autorités locales et des services de sécurité.
Transport routier en RDC : des risques opérationnels et des coûts supplémentaires
Les conséquences dépassent la sécurité des conducteurs. Une suspension des trajets non essentiels peut ralentir les livraisons, réduire la disponibilité des camions et désorganiser les rotations sur les axes concernés. Les entreprises peuvent aussi devoir revoir leurs itinéraires, immobiliser temporairement des véhicules ou renforcer les mesures de sécurité.
Ces ajustements sont susceptibles d’allonger les délais et d’augmenter les coûts d’exploitation. Les retards peuvent également affecter la planification des stocks et la régularité des approvisionnements dans les zones desservies.
Les incidents s’inscrivent dans une série d’attaques rapportées en 2026. En avril, le chauffeur kényan Edwin Njuguna aurait été tué à Bunia après une panne de son camion. En août, quatre chauffeurs kényans et leurs convoyeurs auraient également été tués lors d’une attaque sur l’axe Beni–Kisangani.
À ces violences s’ajoutent les extorsions, les demandes de rançon, le mauvais état de certaines routes et les retards prolongés. En mars, une grève de chauffeurs étrangers après la mort d’un collègue avait immobilisé plus de 200 camions-citernes au poste douanier d’Anzida, près de Mahagi, perturbant l’approvisionnement en carburant de Bunia.
Pourquoi c’est important
- Continuité des flux : les suspensions et détours éventuels peuvent retarder l’acheminement des marchandises vers les villes de l’est congolais.
- Coûts de transport : les immobilisations, les retards et les mesures de sécurité supplémentaires peuvent peser sur les marges des transporteurs et les coûts logistiques.
- Sécurité des flottes : les entreprises doivent adapter leurs plans de circulation, renforcer le suivi des chauffeurs et maintenir une coordination opérationnelle avec les autorités.
Un enjeu de coordination transfrontalière
Les flux entre le Kenya et l’est de la RDC dépendent de corridors routiers exposés à des risques sécuritaires et à des contraintes d’infrastructure. Une perturbation prolongée peut affecter les opérateurs de transport, les négociants et les chaînes d’approvisionnement régionales.
LoDCA appelle les gouvernements kényan et congolais, les services de sécurité, les régulateurs et les organisations commerciales régionales à renforcer le partage d’informations et la coordination transfrontalière. L’association précise toutefois qu’elle ne peut pas imposer un arrêt général des opérations : la décision relève des entreprises et des opérateurs concernés.
Pour les transporteurs opérant en RDC, la priorité immédiate est de sécuriser les équipes et de réévaluer les déplacements sur le corridor Mahagi–Kisangani. L’évolution de la situation déterminera la continuité des flux et les conditions de reprise des trajets concernés.

