Fret aérien en Afrique : la hausse des volumes pousse les hubs à renforcer leurs capacités

Fret aérien en Afrique : la hausse des volumes pousse les hubs à renforcer leurs capacités

viation : en Afrique, la demande de fret aérien progresse rapidement, portée par l’augmentation des échanges et les besoins de transport de marchandises à forte valeur ou sensibles aux délais. Cette dynamique pousse les compagnies et les plateformes logistiques du Golfe et du continent à accroître leurs capacités de transport, de stockage et de redistribution.

Fret aérien en Afrique : une demande en hausse

Le marché africain du fret aérien connaît une progression qui attire les grands opérateurs internationaux. En février 2026, la demande des compagnies aériennes africaines a augmenté de 21 % sur un an, tandis que leur capacité progressait de 17,3 %, selon l’Association du transport aérien international (IATA).

Cette évolution crée un besoin supplémentaire en capacité cargo. Elle concerne notamment les marchandises dont la valeur ou les contraintes de délai justifient le recours à l’avion.

Dans ce contexte, flydubai prévoit d’ajouter, à partir du 1er octobre 2026, trois Boeing 737-800 freighters à son dispositif cargo. Chaque appareil peut transporter jusqu’à 23 tonnes par vol. Les avions seront exploités depuis Al Maktoum International Airport (DWC) à Dubaï dans le cadre d’un accord avec SolitAir.

Ils viendront compléter les capacités cargo disponibles dans les soutes des 98 appareils passagers de la compagnie.

Les hubs du Golfe renforcent leur capacité cargo

Les plateformes du Golfe cherchent à capter une part croissante des flux entre l’Afrique et les grands marchés mondiaux.

Emirates SkyCargo transportait début 2025 environ 3 820 tonnes de marchandises par semaine depuis et vers l’Afrique. La compagnie prévoit également de porter sa flotte à au moins 21 avions-cargos.

De son côté, Qatar Airways Cargo dessert plus de 70 destinations cargo depuis Doha et revendique 12 % du marché mondial du fret aérien. Etihad Cargo prévoit pour sa part d’ajouter six destinations africaines d’ici mars 2027, notamment Lagos, Accra et Kinshasa.

La compétition porte donc autant sur les avions que sur les infrastructures capables de traiter les marchandises après leur arrivée.

Afrique : la capacité des hubs devient un enjeu de supply chain

Dubaï illustre cette stratégie d’intégration. Le développement d’Al Maktoum International Airport est associé à Dubai South, une zone dédiée à la logistique et au commerce, avec des capacités de stockage et de distribution ainsi qu’une connexion au port de Jebel Ali.

Le complexe vise à terme une capacité pouvant atteindre 12 millions de tonnes de fret par an.

En Afrique, Ethiopian Airlines développe une stratégie comparable. La compagnie a transporté 897 000 tonnes de fret sur son exercice 2025-2026, soit une hausse de 16 % sur un an. Sa flotte comprend notamment 12 Boeing 777F, et elle envisage l’acquisition de jusqu’à 10 nouveaux avions-cargos.

Son projet de nouvel aéroport à Bishoftu, près d’Addis-Abeba, prévoit à terme une capacité pouvant atteindre 3,7 millions de tonnes de fret par an.

Pourquoi c’est important

  • Capacité : la croissance de la demande impose aux compagnies d’ajouter du tonnage et des fréquences pour éviter les contraintes de capacité.
  • Coûts et délais : les hubs combinant transport aérien, stockage et redistribution peuvent réduire les ruptures de flux et améliorer la gestion des marchandises urgentes.
  • Valeur ajoutée : le contrôle des fonctions de transit, stockage et distribution permet de retenir davantage d’activités logistiques autour des plateformes africaines.

Une bataille régionale pour les flux internationaux

La croissance du fret aérien africain ne garantit pas automatiquement une hausse équivalente de la valeur captée par les opérateurs du continent.

L’enjeu se déplace vers les infrastructures. Les hubs africains doivent pouvoir recevoir les volumes, assurer le traitement au sol, stocker les marchandises et organiser leur redistribution vers les marchés régionaux et internationaux.

L’Éthiopie cherche notamment à positionner Addis-Abeba comme plateforme de redistribution vers l’Europe, l’Asie, le Moyen-Orient et les Amériques. Les hubs du Golfe poursuivent simultanément leur développement sur ces mêmes flux.

Le fret aérien en Afrique entre dans une phase d’augmentation des capacités, avec des investissements dans les avions, les aéroports et les plateformes logistiques. Pour les opérateurs africains, l’enjeu ne sera pas seulement de transporter davantage de marchandises, mais de capter une part plus importante des activités de transit, stockage et redistribution associées aux flux internationaux.