Tanzanie : Samia Suluhu Hassan et Sidi Ould Tah lancent la deuxième phase du réseau de transport rapide par bus de Dar es Salaam
Des milliers d’habitants du quartier de Mbagala, à Dar es Salaam, peuvent désormais espérer passer moins de temps dans les embouteillages et davantage de temps avec leurs familles ou à développer leurs activités, à la suite du lancement officiel, vendredi 7 août 2026, de la deuxième phase du projet de transport en commun rapide par bus (BRT) de la ville.
La présidente de la République-Unie de Tanzanie, Dr Samia Suluhu Hassan, et le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Dr Sidi Ould Tah, ont coupé le ruban lors d’une cérémonie haute en couleur.
Des centaines de personnes, parmi lesquelles des chefs d’entreprise, des commerçants et des jeunes, ont acclamé la présidente Suluhu Hassan et Dr Ould Tah, qui ont emprunté l’avenue Kilwa à bord de l’un des nouveaux bus destinés à desservir les voies réservées du corridor de la deuxième phase du BRT de Dar es Salaam.
Le nouveau corridor comprend 20,3 kilomètres d’infrastructures routières dédiées au BRT, deux échangeurs dénivelés, 26 stations pour les passagers, un vaste dépôt de bus, deux terminaux hors voirie, quatre stations de rabattement, une passerelle pour piétons ainsi que des aménagements améliorés pour les piétons et les autres usagers de la route.
Lors de la cérémonie, la présidente Suluhu Hassan a exprimé sa « profonde gratitude » au Groupe de la Banque africaine de développement pour cet investissement transformateur, qui a facilité la mobilité et permis de disposer d’un système de transport fiable dans l’un des quartiers défavorisés de Dar es Salaam.
« Un système de transport complet est essentiel au développement d’une nation », a déclaré la présidente de la République, soulignant qu’une infrastructure résiliente soutient la croissance urbaine et favorise le développement.
Le Groupe de la Banque africaine de développement et le Fonds pour une Afrique en croissance ont financé le projet à hauteur de 155 millions de dollars américains. Sa mise en œuvre est assurée par l’Agence tanzanienne des routes nationales (TANROADS).
Le projet étend le réseau de transport public moderne à forte capacité de Mbagala, via les avenues Kilwa et Kawawa, jusqu’au centre-ville, avec une connexion fluide au réseau de lignes de bus de la première phase. Il constitue l’un des investissements les plus importants de la Tanzanie dans le domaine du transport urbain durable et s’inscrit dans le plan directeur à long terme de la mobilité de la ville.
Dr Ould Tah a déclaré que le projet représentait bien plus qu’un nouveau corridor de transport.

« Il ne s’agit pas seulement de l’achèvement d’un projet de transport. Il s’agit de concrétiser une vision nationale : celle d’un Dar es Salaam moderne, connecté, inclusif et productif, où la mobilité favorise les opportunités, la compétitivité, une prospérité partagée et une meilleure qualité de vie », a-t-il souligné.
Les services aux passagers ont débuté en octobre 2025 et, pour les habitants, les effets du projet se font déjà sentir. Le temps de trajet sur l’un des axes les plus fréquentés de la ville a été divisé par trois, passant de 90 minutes à environ 30 minutes. Le nombre de passagers a également triplé pour atteindre quelque 90 000 voyageurs par jour depuis la mise en service du BRT. De nouvelles améliorations sont attendues à mesure que les services atteindront leur pleine capacité.
Le projet devrait également faciliter l’accès aux emplois, aux écoles, aux établissements de santé et aux marchés, tout en réduisant les embouteillages, en améliorant la qualité de l’air et en soutenant la croissance économique.
Le président du Groupe de la Banque a ajouté que le succès du projet se mesurerait en définitive à son impact sur la vie des populations. « Pour les habitants de Dar es Salaam, la valeur de ce projet ne se mesurera pas uniquement en kilomètres de routes, en nombre de stations ou de bus. Elle se mesurera à la réduction des temps de trajet, à la sécurité des déplacements, à l’amélioration de la qualité de l’air, à un meilleur accès aux emplois et aux services, ainsi qu’au temps rendu aux familles et aux communautés », a-t-il déclaré.
Pour beaucoup, la transformation du système de transport par bus se traduit avant tout par une amélioration concrète des déplacements quotidiens, qui gagnent en confort et en dignité.

« Les habitants de Mbagala étaient autrefois tournés en dérision parce qu’avant, nous montions dans les bus par les fenêtres », a expliqué, Abdallah Hamis Ulega, ministre des Travaux publics, lui-même ancien résident de Mbagala. « Aujourd’hui, nous faisons la queue à la station et montons normalement dans les bus », s’est-il réjoui.
Des lignes de bus dédiées aux élèves ont également été mises en place, car, dans le passé, ces derniers devaient se frayer un chemin à travers les foules matinales et arrivaient souvent en retard à l’école.
Une fois pleinement opérationnelle, la flotte de bus comptera 250 véhicules à énergie propre et permettra de réduire de 76 % par an les émissions de gaz à effet de serre sur le corridor, qui passeront de 250 tonnes à 60 tonnes.

Au-delà des infrastructures physiques, le projet a contribué à renforcer les institutions, à soutenir les initiatives en matière de sécurité routière, à développer les capacités techniques et à créer des emplois pendant la phase de construction, les femmes représentant 13 % de la main-d’œuvre.
Le projet jette également les bases des prochaines phases du réseau BRT de Dar es Salaam. La présidente Suluhu Hassan a annoncé des projets d’expansion du réseau et d’extension des services à la région voisine de la Côte.
Dr Ould Tah a réaffirmé l’engagement à long terme du Groupe de la Banque en faveur de la Tanzanie.
« Ensemble, nous avons investi dans un avenir résilient face au changement climatique, dans lequel Dar es Salaam pourra continuer à se développer comme une ville africaine dynamique, connectée et compétitive à l’échelle mondiale. Il s’agit d’une transformation que le Groupe de la Banque africaine de développement est fière de soutenir en Tanzanie et qui mérite d’être reproduite sur l’ensemble du continent », a-t-il souligné.
Le portefeuille actif actuel du Groupe de la Banque en Tanzanie s’élève à environ quatre milliards de dollars américains pour 30 opérations, faisant de ce pays d’Afrique de l’Est, l’un des principaux programmes-pays de l’institution. Les infrastructures représentent environ 81 % des engagements. Ceux-ci visent notamment à répondre aux importants besoins d’investissement du pays dans les secteurs des transports, de l’énergie, de l’eau et de la connectivité régionale.
Source : GROUPE DE LA BANQUE AFRICIANE DE DEVELOPPEMENT

