Guinée : Simandou 2040 accélère la modernisation des infrastructures de transport et de logistique

La Guinée place les infrastructures de transport au cœur de sa stratégie de transformation économique. Dans le cadre de la première vague du Pilier 3 du programme Simandou 2040, le gouvernement a dévoilé une série de projets destinés à renforcer la connectivité du pays, moderniser la chaîne logistique et accompagner le développement industriel.
Des infrastructures au service de la transformation économique
Le ministère guinéen des Transports a présenté les principaux projets structurants relevant de la Vague 1 du Pilier 3 (Infrastructures, Transports et Technologies) du Programme Simandou 2040, feuille de route nationale visant à soutenir la diversification économique et l’amélioration de la compétitivité du pays.
Ces investissements couvrent les secteurs aérien, routier, ferroviaire, maritime et logistique, avec pour objectif de faciliter les échanges, réduire les coûts de transport et accompagner l’essor des activités industrielles et minières.
Modernisation du transport aérien pour améliorer la connectivité
Parmi les projets majeurs figure l’extension et la modernisation de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré de Conakry. À terme, sa capacité d’accueil passera de 500 000 à 3 millions de passagers par an, renforçant ainsi le rôle de la capitale comme principale porte d’entrée aérienne de la Guinée.
Le ministère a également fait le point sur l’avancement des travaux des aéroports de Kankan, Labé et Beyla, tandis que les études de faisabilité des futurs aéroports de Faranah et Nzérékoré se poursuivent. Ces investissements visent à améliorer la desserte intérieure, à faciliter les déplacements des personnes et des marchandises et à soutenir le développement économique des régions.
Mobilité urbaine et réseau ferroviaire parmi les priorités
Sur le volet terrestre, plusieurs initiatives sont engagées pour moderniser le transport public.
Le programme prévoit notamment :
• la réhabilitation des abribus et du dépôt de bus de Matoto ;
• la mise en service prochaine de 50 autobus destinés au transport collectif ;
• le lancement d’un programme de 300 taxis VTC, dont une première flotte de 50 véhicules est déjà disponible ;
• la construction de huit gares routières destinées à structurer les flux de voyageurs.
Le gouvernement entend également renforcer le transport ferroviaire à travers le développement des lignes Kaloum–Kouria, Kouria–Moribaya et Kankan–Kérouané, appelées à améliorer la mobilité intérieure et les connexions avec les principaux pôles économiques.
Des investissements logistiques pour soutenir le commerce et l’industrie
Le secteur de la logistique en Afrique constitue l’un des axes majeurs du programme présenté.
Le ministère prévoit la construction du port sec de Kagbélen, destiné à fluidifier les opérations de dédouanement et à décongestionner les infrastructures portuaires. Le projet s’accompagne de l’acquisition de nouveaux équipements de manutention afin d’améliorer les performances de la chaîne logistique.
Les autorités ont également confirmé les projets de complexe industrialo-portuaire de Dobali et de centre logistique de Benty, deux infrastructures appelées à renforcer les capacités de traitement des marchandises, à soutenir les investissements industriels et à améliorer l’intégration des corridors de transport en Afrique de l’Ouest.
Pourquoi c’est important
Le Programme Simandou 2040 dépasse le seul développement du secteur minier. En misant sur des investissements multimodaux dans le transport aérien, ferroviaire, routier, maritime et logistique, la Guinée cherche à construire les infrastructures nécessaires à une croissance plus diversifiée.
Pour les acteurs de la supply chain Afrique, ces projets pourraient contribuer à réduire les coûts logistiques, améliorer la connectivité des territoires, renforcer les corridors de transport et accroître l’attractivité du pays pour les investisseurs. Leur réussite dépendra toutefois du respect des calendriers de réalisation, de la mobilisation des financements et de la capacité des infrastructures à répondre aux besoins croissants du commerce et de l’industrie.

