Égypte : Le ministre des Transports participe à la session « Développement urbain et aménagement » du Forum Égypte 2026
Sous le haut patronage de Son Excellence Abdel Fattah al-Sissi, président de la République arabe d’Égypte, le ministre des Transports participe à la session « Développement urbain et aménagement » du Forum Égypte 2026.
Le ministre a souligné que :
- Les projets de transport ne se limitent pas à la construction de routes, de ponts, de lignes ferroviaires et de ports. Ils constituent des leviers majeurs du développement économique, urbain et social, ainsi que de l’amélioration de la qualité de vie des citoyens.
- Le transport est désormais un élément essentiel de la planification urbaine, car il permet aux nouvelles villes d’être viables, attractives pour les investissements et capables d’accueillir des habitants et des activités économiques.
- La mise à disposition de moyens de transport collectif modernes, sûrs, réguliers et offrant un service de qualité a permis d’attirer les citoyens, tout en réduisant leur dépendance aux voitures particulières et aux moyens de transport traditionnels.
Sous le haut patronage de Son Excellence Abdel Fattah al-Sissi, président de la République, et en présence du Dr Mostafa Madbouly, Premier ministre, le général-ingénieur Kamel El-Wazir, ministre des Transports, a participé aux travaux de la session « Développement urbain et aménagement » du Forum Égypte 2026.
Cette session a également réuni la Dr Manal Awad, ministre du Développement local et de l’Environnement, l’ingénieure Randa El-Menshawy, ministre du Logement, des Services publics et des Communautés urbaines, ainsi que plusieurs députés, experts, professeurs d’université et étudiants.
Les transports, un levier du développement économique et urbain
En ouverture de son intervention, le ministre a souligné un principe fondamental : l’État ne considère pas les projets de transport comme de simples infrastructures routières, ferroviaires ou portuaires, mais comme des leviers du développement économique, urbain et social.
Ces infrastructures constituent également des outils essentiels pour mieux répartir les activités économiques et la population sur le territoire, relier les centres de production aux marchés et aux ports, et améliorer la qualité de vie des citoyens.
Le ministre a ensuite présenté les principaux défis auxquels les différents secteurs du transport étaient confrontés avant le lancement du vaste programme de modernisation.
Dans le secteur ferroviaire, les difficultés concernaient notamment la vétusté du matériel roulant, des infrastructures et des gares, l’obsolescence des systèmes de signalisation et de contrôle, ainsi que celle des passages à niveau. Les ateliers et les équipements de maintenance étaient également insuffisants. Par ailleurs, le réseau de métro restait limité aux deux premières lignes, alors que la population augmentait continuellement, et ses équipements étaient vieillissants.
Les ports égyptiens connaissaient également une dégradation de leurs infrastructures, notamment des quais et des terre-pleins. L’envasement et l’accumulation de certains objets immergés et d’épaves réduisaient les profondeurs disponibles le long des quais, limitant ainsi l’accueil des grands navires. À ces difficultés s’ajoutaient l’absence d’un plan directeur intégré pour les ports égyptiens, le manque de plans d’extension des zones situées à l’arrière des ports et la faiblesse de la flotte maritime nationale.
Face à ces défis, l’État a engagé, dès 2014, un programme de développement urbain d’une ampleur inédite, parallèlement à une nouvelle approche du secteur des transports.
Il ne s’agissait plus simplement d’ajouter des routes dans les zones déjà congestionnées, mais d’agir simultanément sur plusieurs axes : moderniser le réseau de transport, développer les transports collectifs, ouvrir de nouveaux corridors de développement et relier les nouvelles villes aux centres d’emploi, aux services, aux établissements d’enseignement et aux zones de production.
- Développement du réseau routier et des ponts
Concernant les routes et les ponts, le ministre a indiqué que les défis avaient été pris en charge à travers la planification et la réalisation d’un réseau intégré de routes, de corridors et de ponts.
Ce programme comprend :
- 31 000 km de routes ;
- 73 corridors et ponts franchissant le Nil ;
- 54 ponts construits au-dessus des passages à niveau ferroviaires ;
- 2 500 ponts et tunnels aux intersections des principaux axes routiers.
Ces réalisations ont contribué à fluidifier la circulation et à améliorer la qualité du réseau routier. Elles ont également accompagné la progression de l’Égypte dans le classement mondial de la qualité des routes, le pays étant passé de la 118e à la 18e place, soit une progression de 100 rangs, selon les données présentées par le ministre.
Pour la prochaine phase, les objectifs sont les suivants :
- Poursuivre la modernisation et l’amélioration du réseau de routes principales, de voies rapides et d’autoroutes ;
- Améliorer les routes locales dans les différents gouvernorats ;
- Poursuivre l’entretien du réseau routier existant selon un calendrier défini ;
- Appliquer les normes de charge aux routes et aux ponts ;
- Achever le programme de construction de ponts au-dessus des passages à niveau ferroviaires ;
- Élaborer un programme de construction de passerelles piétonnes au-dessus des principales routes et des voies rapides.
- Métro, transport électrique et mobilité urbaine durable
Le ministre a précisé que la stratégie de l’État ne se limitait pas à la modernisation des routes. Elle vise également à mettre en place un réseau intégré de transports collectifs écologiques, durables et respectueux de l’environnement.
À ce titre, les réalisations comprennent :
- L’achèvement de trois lignes de métro ;
- La réalisation des première et deuxième phases, ainsi que d’une partie de la troisième phase, du train léger électrique (LRT) ;
- La réalisation du monorail de la rive est du Nil ;
- La mise en service des première et deuxième phases du projet de bus à haut niveau de service (BRT) sur le périphérique du Caire.
Les travaux se poursuivent pour développer les transports urbains au Caire et à Alexandrie. Ils comprennent notamment l’achèvement de la première phase de la quatrième ligne de métro, le monorail de la rive ouest du Nil, le métro d’Alexandrie et le tramway de Raml.
Parallèlement, l’État construit un réseau de trains électriques à grande vitesse d’une longueur totale prévue de 2 250 km, destiné au transport des voyageurs et des marchandises. Selon le ministre, l’achèvement de ce réseau permettrait à l’Égypte de se positionner au cinquième rang mondial dans ce domaine.
Trois lignes de ce réseau, représentant un total de 2 000 km, sont actuellement en cours de réalisation.
Pour la prochaine phase, l’objectif est d’achever le plan stratégique de transport collectif écologique et durable, notamment à travers :
- La quatrième et la sixième ligne du métro ;
- Le monorail de la rive ouest du Nil ;
- Les troisième et quatrième phases du train léger électrique ;
- Les deuxième et troisième lignes du réseau de trains électriques à grande vitesse ;
- D’autres projets inscrits dans le plan stratégique national.
- Modernisation du réseau ferroviaire
Le ministre a expliqué que l’objectif du programme ferroviaire n’était pas simplement d’augmenter le nombre de trains, mais de moderniser l’ensemble du système de manière globale et intégrée.
Les progrès enregistrés résultent de la mise en œuvre d’un programme de modernisation reposant sur six composantes :
- Le renouvellement du matériel roulant, notamment les locomotives et les voitures ;
- La modernisation des infrastructures, y compris les gares ;
- La construction de nouvelles lignes et le doublement de certaines voies ;
- Le renouvellement des voies ferrées ;
- La modernisation des passages à niveau et des systèmes de signalisation et de contrôle ;
- Le développement et la construction d’ateliers de production, la formation des ressources humaines et la restructuration financière et administrative.
Pour la prochaine phase, l’objectif est d’achever la modernisation du réseau ferroviaire existant, qui s’étend sur 10 000 km, ainsi que les nouvelles lignes destinées à desservir les zones industrielles.
Parmi les projets concernés figurent les lignes :
- Roubeiki – Dixième de Ramadan – Belbeis ;
- Manashi – 6 Octobre ;
- Bir al-Abed – Al-Arich – Taba.
D’autres lignes sont également prévues dans le cadre de ce programme.
Le ministre a notamment cité les villes du Dixième de Ramadan et du Six Octobre comme exemples de l’importance de l’intégration entre les transports et le développement urbain.
Il a souligné le rôle stratégique de la ligne ferroviaire Roubeiki – Dixième de Ramadan – Belbeis, du train léger électrique (LRT), du réseau de trains électriques à grande vitesse, du monorail de la rive ouest du Nil et de l’extension des lignes de métro, notamment la quatrième ligne.
Ces projets visent à relier les nouvelles villes aux villes existantes, aux zones industrielles et aux ports d’exportation. Selon le ministre, leur achèvement devrait accélérer la croissance démographique et le développement industriel de ces nouvelles agglomérations.
- Développement du transport maritime et de la logistique portuaire
Le ministre a également présenté le programme de développement du transport maritime et de la logistique, qui repose notamment sur la modernisation des ports égyptiens de la mer Rouge et de la Méditerranée et la création de cinq nouveaux ports.
Cette stratégie doit porter à 19 le nombre total de ports commerciaux égyptiens.
Le programme prévoit notamment :
- L’extension des superficies portuaires à 100 millions de mètres carrés ;
- La construction de nouveaux quais représentant une longueur cumulée de 70 km, avec des profondeurs comprises entre 18 et 25 mètres ;
- Le dépassement de 100 km de longueur totale de quais ;
- La construction de 35 km de brise-lames, portant leur longueur totale à 50 km ;
- L’approfondissement des chenaux de navigation ;
- Le développement et la construction d’une flotte de remorqueurs portuaires, qui devrait atteindre 80 unités.
Ces projets ont pour objectif de porter la capacité annuelle totale de manutention des ports égyptiens à 40 millions d’EVP (équivalents vingt pieds) pour les conteneurs et à 400 millions de tonnes de marchandises diverses.
Le programme prévoit également de renforcer la flotte maritime égyptienne afin qu’elle atteigne 40 navires à l’horizon 2030. Ces navires appartiendront entièrement aux entreprises relevant du ministère des Transports.
L’objectif est de porter la capacité de transport de cette flotte à 25 millions de tonnes de marchandises diverses par an, correspondant aux besoins de l’Égypte en produits stratégiques.
Pour la prochaine phase, l’État entend poursuivre la construction et la modernisation des ports, notamment les ports d’El-Meks, de Gargoub, d’Al-Arich et de Taba, ainsi que d’autres infrastructures portuaires prévues dans le programme national.
- Ports terrestres, ports secs et zones logistiques
Dans le domaine des ports terrestres, des ports secs et des zones logistiques, le ministre a indiqué que deux ports terrestres avaient été réalisés, portant leur nombre total à neuf.
Parallèlement, un programme de création de 33 ports secs et zones logistiques est en cours.
La prochaine phase vise à achever les autres projets prévus afin de renforcer l’intégration du système de transport et de faciliter la circulation et la manutention des marchandises.
Le ministre a également rappelé que l’État avait planifié et engagé la réalisation de huit corridors logistiques intégrés à vocation économique et de développement.
Ces corridors relient les ports de la mer Rouge et de la Méditerranée aux ports secs, aux zones logistiques, industrielles, agricoles et minières, grâce aux autoroutes, au réseau ferroviaire et aux lignes de trains électriques à grande vitesse.
Ils doivent offrir des itinéraires plus efficaces pour le transport des marchandises et renforcer les connexions avec les pays du Golfe, le Levant, l’Afrique du Nord, de l’Est et du Centre, ainsi qu’avec les marchés européens et asiatiques, notamment grâce aux corridors commerciaux arabes du Nord et du Sud.
- Les retombées économiques, sociales et environnementales des projets de transport
Abordant les effets économiques, sociaux et environnementaux des infrastructures de transport, le ministre a souligné que leur valeur ne devait pas être mesurée uniquement au nombre de kilomètres réalisés.
Selon lui, leur évaluation doit reposer sur trois catégories de bénéfices complémentaires :
- Le rendement économique : soutien à l’investissement, à la production et au développement des activités à valeur ajoutée.
- Le rendement social : création d’emplois, réduction des temps de trajet, amélioration de l’accessibilité et de la qualité des services.
- Le rendement environnemental : réduction de la consommation de carburant et des émissions polluantes, amélioration de la qualité de l’air et protection de la santé des citoyens.
Le ministre a présenté plusieurs projets illustrant ces retombées.
Le corridor de Kalabcha sur le Nil
Ce corridor de développement a été réalisé afin de réduire le temps de déplacement entre les rives est et ouest du Nil et de proposer une alternative aux traversées par bac.
Il contribue également à réduire la distance entre les différents axes de franchissement du Nil, en la ramenant à 25 km contre 100 km auparavant.
La ligne ferroviaire Roubeiki – Dixième de Ramadan – Belbeis
Cette nouvelle ligne doit desservir les zones industrielles et résidentielles du Dixième de Ramadan et de Roubeiki, tout en assurant leur connexion avec la nouvelle capitale administrative.
Le train léger électrique (LRT)
Présenté comme un moyen de transport collectif écologique introduit pour la première fois en Égypte, le LRT permet de relier plusieurs nouvelles communautés urbaines et zones industrielles.
Il dessert notamment El-Obour, Al-Mostakbal, Al-Chorouk, Héliopolis Nouvelle, Badr, Roubeiki, les Jardins de la Capitale, Zahra de la Capitale, la nouvelle capitale administrative et le Dixième de Ramadan, tout en assurant leur connexion avec Le Caire.
Le Grand Port d’Alexandrie
Ce projet constitue un exemple de modernisation portuaire visant à faire de l’Égypte un centre régional du transport, de la logistique et du commerce de transit.
Le port sec et la zone logistique du Six Octobre
Ces infrastructures illustrent la nouvelle approche de l’État en matière de développement des ports secs et des zones logistiques.
Elles visent notamment à réduire la congestion dans les ports maritimes, à fluidifier la manutention des marchandises et à faciliter leur dédouanement.
- Le corridor de Dabaa : un modèle de retombées économiques, sociales et environnementales
Le ministre a présenté en détail les effets du corridor de Dabaa, qui relie directement Le Caire à la côte nord de l’Égypte sur une longueur de 300 km et permet de réduire le temps de trajet à environ 2 h 30.
Selon lui, ce corridor constitue un exemple d’infrastructure soutenant simultanément le développement agricole et urbain.
Les études présentées indiquent que le développement associé à cet axe a permis de mettre en valeur environ 200 000 feddans de terres agricoles — une unité de superficie utilisée en Égypte, équivalant à environ 0,42 hectare par feddan — et d’attirer, entre 2014 et 2025, des investissements estimés à près de 8 milliards de livres égyptiennes.
Le secteur urbain a représenté environ 87 % de ces investissements, tandis que le secteur agricole en a absorbé près de 13 %.
Le développement lié au corridor aurait également permis de créer 381 000 emplois, principalement dans le secteur agricole.
Par ailleurs, les économies annuelles de carburant sont estimées à environ 2 milliards de livres égyptiennes.
Ces indicateurs montrent que le rôle du corridor dépasse la seule circulation des véhicules. Il contribue à l’expansion agricole et urbaine, à la réduction des coûts de déplacement et à la diminution de la consommation de carburant, illustrant ainsi les retombées multiples des projets de transport.
- Priorisation des projets de transport
Le ministre a précisé que tous les projets de transport ne bénéficiaient pas du même niveau de priorité. Leur classement repose sur plusieurs critères objectifs, notamment :
- Le rendement économique et les retombées sur le développement ;
- Le nombre d’habitants et la densité de la population ;
- La capacité du projet à relier les villes et les centres de production aux ports, aux marchés et aux centres d’exportation ;
- Son intégration avec les autres composantes du réseau de transport ;
- Son incidence sur la durée et le coût des déplacements, ainsi que sur la sécurité ;
- Ses effets sociaux et environnementaux.
Il a souligné qu’il ne fallait pas se limiter à la question du coût de réalisation d’un projet, mais également se demander : « Quel est le coût de sa non-réalisation ? »
Le report des projets de modernisation routière peut entraîner la poursuite de la dégradation des infrastructures, une hausse des coûts d’entretien et d’exploitation, ainsi que la perte d’opportunités économiques. Il peut également retarder d’autres investissements dépendant de l’achèvement du réseau de transport.
De même, le report des réseaux de transport collectif prolonge les embouteillages et entraîne des pertes de temps, de carburant et de productivité. Le retard dans la réalisation d’un corridor de développement peut, quant à lui, différer la mise en valeur des terres, le développement des zones de production et la création d’emplois.
Dans le secteur ferroviaire, le report des investissements maintient la vétusté du matériel roulant et des infrastructures, accroît les risques d’accidents et limite la capacité du réseau à répondre à la croissance de la population et aux besoins des zones de consommation, des zones industrielles et des centres d’exportation.
Dans le secteur maritime et logistique, l’absence de modernisation des ports entraîne la dégradation des quais et des infrastructures, limite la capacité d’accueil des grands navires et favorise l’accumulation des marchandises en raison du manque d’espace. Elle contribue également au vieillissement de la flotte maritime égyptienne et réduit sa capacité à transporter les marchandises stratégiques du pays.
- Renforcement de la fabrication locale pour le secteur des transports
Enfin, le ministre a indiqué que l’État développait la fabrication locale des équipements destinés aux chemins de fer, au métro et aux systèmes de traction électrique, grâce à plusieurs usines et complexes industriels spécialisés.
Ces projets s’inscrivent dans une stratégie visant à construire une base industrielle nationale capable de répondre aux besoins du système de transport, de réduire la dépendance aux composants importés et d’accroître la valeur ajoutée de l’économie égyptienne.


