Burkina Faso ratifie plus de 300 milliards de FCFA pour moderniser ses corridors routiers et renforcer la connectivité régionale

L’Assemblée législative du peuple (ALP) a approuvé trois accords de financement d’un montant global supérieur à 300 milliards de FCFA destinés à accélérer la modernisation des infrastructures routières et de transport. Les projets concernent plusieurs corridors nationaux et régionaux, avec pour objectif d’améliorer les flux de marchandises, de désenclaver les bassins de production et de renforcer les échanges avec les pays voisins.

Plus de 300 milliards de FCFA mobilisés pour ses infrastructures de transport

Réunie en séance plénière le 29 juin 2026 à Ouagadougou, l’Assemblée législative du peuple (ALP) a ratifié trois accords de prêt destinés au financement de projets structurants dans les secteurs des infrastructures routières et du transport.

D’un montant global supérieur à 300 milliards de FCFA, ces financements couvrent trois programmes majeurs : le Programme d’interconnexion des routes communautaires et de facilitation des transports (PIRCoFaT), le Projet de Réhabilitation des Infrastructures de Soutien à l’Économie (PRISE) et le Projet de Bassin d’Intégration Sikasso-Korhogo-Bobo-Dioulasso (SKBo).

Ces investissements s’inscrivent dans la stratégie du gouvernement visant à améliorer la connectivité intérieure tout en renforçant l’intégration économique avec les pays voisins d’Afrique de l’Ouest.

Des corridors stratégiques pour fluidifier les échanges

Le PIRCoFaT vise à améliorer les principaux corridors routiers communautaires reliant le Burkina Faso aux marchés régionaux. Parmi les priorités figure l’aménagement du corridor Banfora – frontière de la Côte d’Ivoire, un axe essentiel pour les échanges commerciaux entre le Burkina Faso et les ports du golfe de Guinée.

Le projet devrait contribuer à réduire les temps de parcours, améliorer la fluidité du transport de marchandises et renforcer la compétitivité des opérateurs logistiques utilisant cet itinéraire.

Modernisation du réseau routier national

Le PRISE prévoit la réhabilitation de plusieurs tronçons jugés stratégiques pour le développement économique du pays :

  • Ouo – Gaoua ;
  • Bousse – Kordié ;
  • Garango – Tenkodogo ;
  • Nioryida – Manga.

Ces axes desservent des zones agricoles et commerciales importantes dont l’amélioration devrait faciliter l’approvisionnement des marchés, réduire les coûts de transport et améliorer la mobilité des personnes et des biens.

Le projet SKBo pour connecter les bassins de production

Le Projet de Bassin d’Intégration Sikasso-Korhogo-Bobo-Dioulasso (SKBo) prévoit notamment le bitumage du tronçon Banfora – Ouo ainsi que l’aménagement de plus de 200 kilomètres de pistes rurales destinées à désenclaver les zones de production.

Selon le ministre des Infrastructures, Mikaïlou Sidibé, l’ensemble des projets permettra également de moderniser le réseau national avec plus de 300 kilomètres de routes bitumées, la réhabilitation de la voie ferrée existante et l’amélioration des infrastructures de transport prévues dans le cadre du Plan RELANCE.

Pourquoi c’est important

  • Renforcement des corridors régionaux reliant le Burkina Faso à la Côte d’Ivoire, un débouché stratégique pour les importations et les exportations.
  • Réduction des coûts logistiques grâce à l’amélioration des infrastructures routières desservant les principales zones de production.
  • Meilleure connectivité des territoires avec le désenclavement de centaines de kilomètres de pistes rurales et la modernisation du réseau national.

Perspective régionale

Pays enclavé, le Burkina Faso dépend fortement de la qualité de ses corridors routiers pour accéder aux ports de la côte ouest-africaine, notamment en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Togo et au Bénin. Les investissements dans les infrastructures de transport demeurent un levier essentiel pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement, réduire les délais d’acheminement et soutenir l’intégration régionale dans le cadre de la CEDEAO et de la ZLECAf.

En ratifiant plus de 300 milliards de FCFA de financements, le Burkina Faso engage une nouvelle phase de modernisation de ses infrastructures routières. L’amélioration des corridors nationaux et transfrontaliers devrait renforcer la compétitivité logistique du pays, faciliter les échanges commerciaux et améliorer la desserte des principaux bassins de production.