Togo : la Banque mondiale mobilise 200 millions de dollars pour moderniser les systèmes logistiques et de transport

Le financement du Programme d’Amélioration des Systèmes Logistiques et de Transport (PASLT) constitue le principal volet d’une nouvelle enveloppe de 429 millions de dollars accordée par la Banque mondiale au Togo. L’objectif est de renforcer la connectivité entre les zones de production, les marchés et les plateformes logistiques afin d’améliorer la compétitivité de l’économie togolaise.

Le gouvernement togolais et le Groupe de la Banque mondiale ont signé, le 16 juillet à Lomé, cinq nouveaux accords de financement représentant 429 millions de dollars. Parmi ces opérations, le Programme d’Amélioration des Systèmes Logistiques et de Transport (PASLT) bénéficie de 200 millions de dollars, soit près de la moitié de l’enveloppe globale, confirmant la place stratégique des infrastructures logistiques dans la transformation économique du pays.

Cette signature est intervenue à l’occasion de la visite officielle d’Anna Bjerde, Directrice générale des opérations de la Banque mondiale, portant le portefeuille actif de l’institution au Togo à 2,1 milliards de dollars.

Le transport et la logistique au cœur de la stratégie de développement du Togo

Le PASLT vise à moderniser les systèmes de transport et de logistique afin de mieux connecter les bassins de production agricole, les zones périurbaines, les marchés de consommation et les centres logistiques urbains. L’ambition est de réduire les coûts de transport, fluidifier les échanges intérieurs et renforcer l’intégration des chaînes d’approvisionnement nationales.

Cette approche s’inscrit dans la volonté du Togo de consolider son rôle de plateforme logistique régionale en Afrique de l’Ouest, grâce notamment au développement du Port autonome de Lomé, principal hub maritime en eau profonde de la sous-région.

Des investissements complémentaires pour soutenir la compétitivité

Outre le volet logistique, les accords portent également sur plusieurs projets structurants :

  • 100 millions de dollars pour le développement du marché régional de l’électricité (WA-REMP) ;
  • 40 millions de dollars pour le projet régional PRIME-GAS consacré à l’intégration énergétique ;
  • 69 millions de dollars de financement additionnel pour le Projet régional de cohésion sociale (COSO) ;
  • 20 millions de dollars supplémentaires pour le programme d’identification unique des résidents (WURI).

Selon le gouvernement togolais, ces financements accompagnent la mise en œuvre de la Feuille de route 2026-2031, articulée autour des priorités de protection, de cohésion sociale et de transformation économique.

Le Port autonome de Lomé au centre des échanges

À l’issue de la cérémonie de signature, la délégation de la Banque mondiale a visité les installations du Port autonome de Lomé, ainsi que les ouvrages réalisés dans le cadre du projet régional WACA de protection du littoral à Goumoukopé.

Ces visites ont permis de mettre en évidence le lien entre les investissements dans les infrastructures portuaires, la résilience côtière et le maintien des activités économiques locales, alors que le port demeure un maillon essentiel des corridors logistiques desservant plusieurs pays enclavés d’Afrique de l’Ouest.

Pourquoi c’est important

  • 200 millions de dollars sont consacrés directement à l’amélioration des infrastructures logistiques et de transport.
  • Le portefeuille de la Banque mondiale au Togo atteint désormais 2,1 milliards de dollars, illustrant l’intensification du partenariat entre les deux parties.
  • Le projet devrait renforcer la compétitivité des chaînes logistiques togolaises et améliorer la connectivité entre les zones de production, les marchés et les corridors régionaux.

Perspective régionale

Pour les acteurs de la logistique en Afrique, ce nouveau financement confirme une tendance observée dans plusieurs pays de la région : les bailleurs de fonds privilégient désormais des investissements intégrés combinant infrastructures de transport, plateformes logistiques, énergie et connectivité numérique. En renforçant son réseau logistique intérieur tout en consolidant le rôle stratégique du Port autonome de Lomé, le Togo cherche à améliorer sa position comme porte d’entrée des flux commerciaux destinés au Burkina Faso, au Niger et au Mali, dans un contexte où la performance des corridors devient un facteur clé de compétitivité du commerce africain et de la chaîne d’approvisionnement en Afrique.

 

Photo: Gouvernement du Togo