Transition Énergétique : L’Éthiopie déploie un réseau massif de bornes de recharge pour véhicules électriques
Dans une démarche résolue vers la mobilité verte, l’entreprise publique Ethiopian Electric Utility (EEU) a annoncé le lancement d’un projet d’envergure visant à doter le pays d’une infrastructure de recharge pour véhicules électriques (VE) sans précédent. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale visant à réduire la dépendance aux combustibles fossiles et à capitaliser sur les abondantes ressources en énergies renouvelables du pays.
Une stratégie en deux phases pour couvrir le territoire
Selon Anwar Abrar, responsable de la communication de l’EEU, le déploiement se fera selon un plan stratégique rigoureux.
- Phase 1 : Urgence dans la capitale. Actuellement en cours, cette phase prévoit la construction de 40 stations de recharge. Trente-deux d’entre elles seront situées à Addis-Abeba, tandis que les huit autres desserviront les villes périphériques. Trois stations ont déjà été inaugurées la semaine dernière.
- Phase 2 : Expansion régionale. Le réseau s’étendra ensuite aux grandes villes régionales telles que Bishoftu, Mojo, Adama, Shashemene et Hawassa, assurant ainsi une continuité de service pour les trajets longue distance.
Des tarifs attractifs et une technologie de pointe
Avec un investissement initial estimé à 10 millions de dollars, l’EEU ne se contente pas de bâtir des infrastructures ; elle mise sur l’accessibilité. Chaque station pourra accueillir jusqu’à 24 véhicules simultanément.
Côté portefeuille, les tarifs sont particulièrement compétitifs, oscillant entre 14 et 18 birrs éthiopiens (environ 0,09 à 0,12 USD) par kilowatt-heure. Pour garantir la pérennité du matériel, les stations sont équipées de systèmes de gestion de batterie (BMS) capables de surveiller en temps réel l’état de santé et la performance des véhicules branchés.
Un contexte politique favorable
Cette accélération n’est pas fortuite. En 2024, le gouvernement éthiopien a pris une mesure radicale en interdisant l’importation de véhicules à moteur thermique pour un usage personnel, tout en réduisant drastiquement les taxes sur les VE.
« En ouvrant la voie, l’EEU encourage les entreprises publiques et privées à suivre le mouvement », a affirmé Anwar Abrar.
Pourquoi maintenant ?
L’Éthiopie possède un mix énergétique enviable, composé d’hydroélectricité, d’éolien, de solaire et de géothermie. Pourtant, environ la moitié de la population n’a toujours pas accès à l’électricité. Le développement de ce réseau de transport électrique sert donc de double levier :
- Indépendance énergétique : Réduire la facture pétrolière, exacerbée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
- Modernisation du réseau : L’implication directe de l’EEU garantit un approvisionnement fiable et limite les interruptions de service, essentielles pour les 140 000 véhicules électriques circulant déjà dans la capitale.
Alors que le pays a besoin d’environ 1 176 stations de recharge pour répondre à la demande actuelle, ce projet de l’EEU marque le premier pas géant vers une Éthiopie plus propre et énergétiquement autonome.


