La startup africaine Metro Africa Xpress (MAX) a levé 24 millions de dollars en fonds propres et en dette afin d’accélérer le déploiement de la mobilité électrique et du transport électrique en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Rentable au Nigeria, l’entreprise entend structurer un modèle durable de mobilité urbaine et de transport en Afrique, dans un contexte de transition énergétique et d’urbanisation rapide du continent.
Une levée de fonds stratégique pour renforcer la mobilité en Afrique de l’Ouest et centrale
MAX a sécurisé ce financement auprès d’investisseurs de référence, dont Equitane DMCC, Novastar et Endeavor Catalyst, complété par une dette adossée à des actifs fournie notamment par l’Energy Entrepreneurs Growth Fund et d’autres partenaires de financement du développement.
Cette opération marque une étape clé dans la trajectoire de l’entreprise, qui prévoit d’étendre ses activités au-delà du Nigeria, son principal marché, vers plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Dans ces régions, la croissance démographique et l’intensification des déplacements urbains exercent une pression croissante sur les systèmes de transport urbain en Afrique, appelant des solutions de mobilité électrique plus accessibles et plus efficaces.
Mobilité électrique : un modèle intégré au service du transport urbain
MAX prévoit d’allouer ces nouveaux capitaux à plusieurs priorités stratégiques :
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l’expansion de sa flotte de véhicules électriques,
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le déploiement d’infrastructures d’échange de batteries et d’énergie propre,
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le renforcement de ses systèmes numériques de gestion de flotte et d’IoT,
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l’accélération de son développement régional.
L’entreprise ambitionne de soutenir 250 000 conducteurs d’ici 2027 et de dépasser 150 millions de dollars de revenus récurrents annuels. Ce positionnement place MAX parmi les acteurs les plus structurants des tendances de la mobilité en Afrique à l’horizon 2026, notamment sur les segments du transport électrique à deux et trois roues, essentiels à la mobilité quotidienne dans les grandes métropoles africaines.
La rentabilité au Nigeria, un signal fort pour la mobilité électrique africaine
Contrairement à de nombreuses startups du secteur, MAX affiche une rentabilité confirmée au Nigeria, premier marché de transport en Afrique de l’Ouest. Après un recentrage stratégique engagé en 2024 — incluant l’abandon d’activités moins performantes et une réduction significative des coûts — l’entreprise a concentré ses efforts sur le financement de la mobilité électrique pour les conducteurs commerciaux.
Ce modèle repose sur :
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le financement adossé aux actifs,
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l’exploitation des données de flotte pour optimiser l’usage des véhicules,
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une discipline financière axée sur la rentabilité et la durabilité.
Une approche qui renforce la viabilité économique du transport électrique en Afrique, dans un environnement souvent marqué par la volatilité des coûts énergétiques.
Assemblage local et adaptation au transport africain
Fondée en 2015, MAX exploite une usine d’assemblage de véhicules électriques à Ibadan, au Nigeria, avec une capacité de production de 3 600 véhicules par mois. L’entreprise collabore avec des constructeurs et équipementiers internationaux tels que Yamaha, Hero et Spiro, tout en adaptant les véhicules aux réalités du transport urbain africain.
L’assemblage local permet notamment :
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de réduire la dépendance aux importations,
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de mieux maîtriser les coûts de production,
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d’adapter les véhicules aux conditions routières et climatiques locales,
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d’améliorer la disponibilité des solutions de mobilité électrique pour les conducteurs.
Un levier stratégique pour accompagner la montée en puissance du transport électrique en Afrique.
Mobilité électrique : vers un changement d’échelle sur le continent
Avec près de 20 000 véhicules électriques déjà en circulation au Nigeria et une croissance annuelle du secteur estimée à 30,6 %, la mobilité électrique en Afrique dépasse désormais le stade expérimental. La baisse progressive des coûts des batteries, combinée à la volatilité persistante des prix des carburants, renforce l’avantage économique des véhicules électriques à deux et trois roues pour les usages professionnels et urbains.
Dans ce contexte, MAX se positionne comme une plateforme intégrée de mobilité, combinant financement, infrastructures énergétiques, données et assemblage local, au service d’un transport urbain plus propre, plus fiable et plus accessible.
MAX, un acteur structurant de la mobilité électrique en Afrique
La levée de fonds de MAX illustre la montée en maturité de l’écosystème africain de la mobilité électrique et son rôle croissant dans la transformation du transport en Afrique. En associant rentabilité, innovation technologique et ancrage local, l’entreprise contribue à faire émerger des solutions de mobilité urbaine durable, adaptées aux réalités économiques et sociales du continent.
Pour les décideurs publics, les investisseurs et les acteurs du transport, MAX incarne une trajectoire crédible vers un transport électrique africain plus performant, plus inclusif et mieux aligné avec les objectifs de transition énergétique.

