Faustin Archange Touadera : « le commerce intracommunautaire en 2023 ne dépasse pas 1,3 milliard de dollars »

Dans son message à l’occasion de la « journée Cemac » 2025, le président en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale décrie un piétinement des échanges commerciaux entre les 6 pays qui forment cette sous-région et affirme que ces faibles flux sont « le miroir des faiblesses » de ceux-ci.

A Bangui, le 16 mars, le président de la République Centrafricaine a pris la parole en marge de la célébration de la 16e « journée Cemac », pour seriner à nouveau sur les tares qui, de manière quasi-congénitale, freinent l’intégration économique dans cet espace communautaire malgré la richesse des textes qui l’organisent et le lot de résolutions qui sanctionnent ses sommets chaque année. Si ce discours du président en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale est loin d’être une innovation, il colle remarquablement avec l’actualité, marquée par une « situation économique largement affectée par des facteurs exogènes tels que l’insécurité, les conflits armés et l’instabilité des cours des matières premières ». Faustin Archange Touadera insiste : « une attention soutenue doit être portée sur les échanges intracommunautaires afin d’avancer vers un développement effectif et équilibré des États membres ». « Les données commerciales intracommunautaires indiquent, certes, une augmentation des échanges. Car, de 2018 où les échanges intracommunautaires ne représentaient que 2 % des flux commerciaux avec le reste du monde, ce taux est passé à 3,5 % en 2022, puis à 3,9 % en 2023 », relève-t-il.

Tout en soulignant que « si cette légère progression semble encourageante, elle demeure toutefois en deçà, très en deçà des attentes ». Car, illustre-t-il, « sur un total de plus de 33 milliards de dollars d’échanges import-export, le commerce intracommunautaire en 2023 ne dépasse pas 1,3 milliard de dollars [environ 781 milliards de Fcfa, Ndlr] ». Pour Faustin Archange Touadera, « ces chiffres sont les miroirs de nos faiblesses et illustrent bien la nécessité d’un renforcement des échanges à l’intérieur de notre espace communautaire ». Des mesures de redressement ont à nouveau été prescrites par la dernière session extraordinaire du sommet des chefs d’État, tenue le 16 mars 2024 à Yaoundé. Celles-ci étaient « motivées, entre autres, par l’urgence de corriger les faiblesses évoquées afin de parvenir à des échanges intracommunautaires d’un taux à deux chiffres ». Mais, le sursaut d’orgueil attendu tarde à arriver.

Balance commerciale

Au-delà de l’impératif catégorique de doper les échanges commerciaux entre les 6 pays qui forment la Cemac, l’intégration des hommes est appelée à se raffermir dans la sous-région. « La libre circulation est en ce sens un vecteur de facilitation de la stratégie d’import-substitution autant que de la diversification économique, éléments essentiels d’amélioration de notre balance commerciale », ajoute Faustin Archange Touadera. Il appelle à de nouveaux efforts en faveur du raffermissement de l’intégration, qui reste « un processus laborieux, long et difficile, mais [dont] l’idée reste brillante et son avenir prometteur ». « Ayons foi à nos efforts d’intégration ; ayons confiance dans nos institutions communautaires ; œuvrons à les rendre plus efficaces et plus performantes. Que chaque citoyenne, chaque citoyen, à quelque endroit qu’il se trouve, se considère partie prenante de la construction de la communauté et contribue à lever les obstacles à la marche de celle-ci », lance Touadera.