Congo : le Conseil Congolais des Chargeurs scelle une alliance stratégique avec l’ANA, l’UNOC et le CCEC pour renforcer la chaîne logistique

Le Conseil Congolais des Chargeurs (CCC) accélère son positionnement comme pivot de la logistique nationale. Le 21 avril 2026, l’institution a signé trois conventions de partenariat avec l’Agence Nationale de l’Artisanat (ANA), l’Union Nationale des Opérateurs Économiques du Congo (UNOC) et le Congrès des Chefs d’Entreprises du Congo (CCEC).

Objectif : mieux intégrer les acteurs économiques, fluidifier les échanges et réduire les coûts logistiques dans un environnement encore contraint.

Une logique d’intégration des acteurs économiques

Ces accords traduisent une approche plus structurée du CCC, qui cherche à dépasser son rôle traditionnel pour devenir un facilitateur transversal de la chaîne logistique et du commerce extérieur.

Dans un contexte où les inefficiences logistiques pénalisent la compétitivité, le pari est clair : décloisonner les acteurs publics et privés et activer des synergies opérationnelles. Le CCC mise sur une logique de partenariat et d’intelligence collective pour répondre aux défis de la chaîne multimodale.

Lors de la cérémonie, marquée par une forte mobilisation des opérateurs économiques et des artisans, le Directeur général du CCC, Dominique Candide Fabrice Koumou Boulas, a posé le cadre : ces conventions doivent être des outils opérationnels, orientés vers la fluidification des flux, l’optimisation des coûts et le soutien à la production locale.

Des objectifs différenciés selon les partenaires

Chaque convention cible un levier spécifique :

  • Avec l’ANA : structurer l’artisanat et faciliter son accès aux marchés, notamment à l’export, via un meilleur accompagnement logistique.
  • Avec l’UNOC : renforcer la prise en compte des besoins des opérateurs économiques et structurer un cadre de dialogue plus direct avec le CCC.
  • Avec le CCEC : améliorer la compétitivité des entreprises en agissant sur les coûts logistiques et en renforçant les capacités managériales.

Pour l’ANA, l’enjeu est immédiat : permettre aux artisans d’accéder à des services logistiques plus fiables et mieux organisés, condition clé pour valoriser leur production à l’international.

Du côté de l’UNOC, l’accord vise à mieux intégrer les contraintes terrain dans les politiques logistiques et à renforcer le poids du secteur privé dans le dialogue public-privé.

Le CCEC, pour sa part, met l’accent sur la compétitivité des entreprises, fortement impactée par des coûts logistiques pouvant atteindre jusqu’à 30 % du prix de revient.

Un levier pour réduire les coûts et structurer les flux

Au-delà des intentions, les accords portent sur des enjeux très opérationnels :

  • réduction des coûts de passage portuaire
  • amélioration des délais logistiques
  • meilleure organisation des flux d’exportation
  • accompagnement technique des opérateurs

Le CCC entend également élargir sa base de chargeurs, valoriser le fret congolais et soutenir la diversification des exportations, encore largement dépendantes des hydrocarbures.

De leur côté, les organisations partenaires s’engagent à relayer les besoins du terrain, vulgariser les outils du CCC et contribuer à des études sur la performance logistique, notamment sur les coûts et les délais portuaires ainsi que la compétitivité des corridors.

Un positionnement stratégique face à la ZLECAf

Cette alliance intervient dans un contexte de transformation des échanges africains, marqué par la montée en puissance de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf).

Pour le CCC, l’enjeu est de préparer les opérateurs congolais à un environnement plus concurrentiel, où la performance logistique devient un facteur déterminant.

En conclusion de la cérémonie, le Directeur général du CCC a insisté sur la dimension engageante de ces accords, présentés comme de véritables contrats de performance. Leur réussite dépendra de la capacité des parties à les traduire rapidement en actions concrètes et mesurables.

En structurant ces partenariats, le CCC pose les bases d’un écosystème logistique plus intégré, avec l’ambition de soutenir durablement la compétitivité de l’économie congolaise.

Par Antoine Dustell Mbama, Correspondant de Maritimafrica en République du Congo