Cameroun : le service de taxis des aéroports de Douala et Yaoundé-Nsimalen se transforme avec TAXIGO

Dès novembre 2026, les taxis opérant sur les plateformes internationales de Douala et de Yaoundé-Nsimalen devraient adopter une nouvelle identité visuelle et de nouveaux standards de service. Le projet TAXIGO, porté par Aéroports du Cameroun (ADC SA) et ALO TECHNOLOGIES SARL, entend structurer davantage le transport aéroportuaire et professionnaliser les conditions de travail des chauffeurs.
Une nouvelle organisation du transport aéroportuaire au Cameroun

Cette évolution s’inscrit dans le Plan de Développement Stratégique (PDS 3, 2023-2028) d’ADC SA, qui vise notamment à moderniser les services proposés aux passagers.
Le dispositif TAXIGO prévoit le renouvellement du parc dédié aux taxis d’aéroport, avec des BAIC X35 destinées aux plateformes de Douala et de Yaoundé-Nsimalen. Au-delà du changement de véhicules et de couleurs, le projet repose sur un modèle d’exploitation intégrant géolocalisation, connectivité Wi-Fi et encadrement des chauffeurs.
Un modèle de leasing destiné aux chauffeurs
L’un des principaux volets du projet concerne le modèle économique proposé aux conducteurs. TAXIGO prévoit deux statuts : le chauffeur entrepreneur, qui peut viser la propriété du véhicule au terme de quatre années d’exploitation avec un apport personnel de garantie de 800 000 FCFA, et le chauffeur suppléant, qui peut intégrer le dispositif sans apport initial.
Le système prévoit deux chauffeurs par véhicule, avec une organisation du travail permettant un roulement et des périodes de repos régulières. Sur les courses dites premium, annoncées entre 10 000 et 100 000 FCFA, chaque chauffeur doit percevoir 25 % du montant du trajet.
La sélection des chauffeurs s’appuie sur un processus lancé par ADC SA, notamment à travers l’avis d’appel à candidatures N°1745-26/ADC/DG/CT2.
Maintenance, carburant et assurance intégrés
Le modèle proposé par ALO TECHNOLOGIES cherche également à réduire les charges directement supportées par les conducteurs. La maintenance, les réparations, le carburant et le lavage des véhicules sont annoncés comme pris en charge dans le dispositif.
Des espaces de dépôt et de lavage de 300 m² sont prévus sur chaque plateforme aéroportuaire. Le projet comprend également une assurance maladie pour le chauffeur et sa famille ainsi qu’une assurance tous risques du véhicule sur quatre ans.
En matière de sécurité routière, des modules de formation, notamment en conduite défensive, sont prévus. En cas d’accident, le dispositif prévoit également le remplacement du véhicule.
Un service connecté pour les passagers
Côté voyageurs, TAXIGO mise sur un service davantage standardisé et traçable. Les véhicules doivent être équipés d’un système de géolocalisation utilisant notamment des modems Teltonika, avec connexion Wi-Fi à bord.
Le dispositif prévoit par ailleurs une assurance responsabilité civile intégrant une couverture annoncée pour les situations liées à la perte de bagages.
Ce que TAXIGO change pour la mobilité aéroportuaire

- Professionnalisation :le projet introduit un cadre d’exploitation plus structuré pour les chauffeurs de taxis d’aéroport.
- Prévisibilité des coûts :la prise en charge annoncée du carburant, de la maintenance et des réparations réduit les dépenses opérationnelles directes des conducteurs.
- Expérience passager :géolocalisation, Wi-Fi, assurance et renouvellement du parc doivent contribuer à standardiser le service entre les deux principales plateformes internationales du Cameroun.
Un enjeu pour les aéroports camerounais
Pour ADC SA, la transformation du service taxi constitue un maillon complémentaire de la modernisation des infrastructures aéroportuaires. Pour les passagers internationaux comme pour les voyageurs domestiques, le taxi représente en effet le premier et le dernier segment de la chaîne de mobilité autour d’un aéroport.
Le lancement annoncé en novembre 2026 permettra surtout de mesurer la capacité de TAXIGO à concilier trois objectifs opérationnels : améliorer la qualité du service, sécuriser les déplacements et créer un modèle économique durable pour les chauffeurs.
L’enjeu dépassera donc le simple changement de couleur des taxis : il s’agira de vérifier si cette nouvelle organisation peut devenir un standard reproductible pour le transport aéroportuaire au Cameroun.


