ACCESSIBILITÉ AUX MÉDICAMENTS, CRISE DES PORTS EN AFRIQUE DU SUD, URBAN MINING, IA ET GAMIFICATION AU CŒUR DE LA CONFÉRENCE SAPICS SUR LA CHAÎNE D’APPROVISIONNEMENT À CAPE TOWN

Plus de 700 responsables de la chaîne d’approvisionnement venus d’Afrique et du monde entier se sont réunis cette semaine au Cap pour la 47e édition de la conférence annuelle SAPICS, l’événement phare du continent pour la profession. L’accessibilité aux médicaments vitaux en Afrique – en particulier dans un contexte de baisse des financements internationaux – figurait parmi les sujets clés, aux côtés de la crise des ports sud-africains, du manque de compétences logistiques et de la montée en puissance de technologies comme l’intelligence artificielle et la gamification.

Selon SAPICS, la gestion de la chaîne d’approvisionnement est passée de l’arrière-boutique à la salle du conseil d’administration. En ouverture de la conférence, le président de SAPICS, Thato Moloi, a déclaré que les chaînes d’approvisionnement sont aujourd’hui reconnues comme des leviers de création d’emplois et de croissance durable. Elles sont essentielles au commerce mondial et à la prospérité des économies et des populations. Elles ne se contentent plus de transporter des marchandises d’un point A à un point B : elles sauvent des vies. Désormais, les chaînes d’approvisionnement doivent être agiles, solides et résilientes, capables d’absorber les perturbations permanentes dans un monde de plus en plus VUCA (volatile, incertain, complexe et ambigu), souligne SAPICS. Depuis 1966, la mission de cette organisation à but non lucratif est de valoriser, former et autonomiser les professionnels de la chaîne d’approvisionnement en Afrique du Sud et sur l’ensemble du continent, notamment via des formations et des événements comme cette conférence annuelle.

Une experte de renommée mondiale en tête d’affiche

L’Américaine Carol Ptak, experte reconnue de la supply chain et autrice, a prononcé le discours d’ouverture cette année. Elle a exhorté les participants à s’adapter à l’environnement actuel, instable et semé de perturbations, sous peine de disparition. « Il suffit qu’un navire se mette en travers dans le canal de Suez pour que le commerce mondial s’arrête », a-t-elle rappelé, en référence à l’incident de 2021 impliquant l’Ever Given. Ptak est la cofondatrice du Demand Driven Institute, une organisation mondiale qui promeut les stratégies et pratiques de chaîne d’approvisionnement pilotées par la demande.

Un impératif : améliorer l’efficacité portuaire

Linda Reddy, directrice de la chaîne d’approvisionnement mondiale du groupe Nando’s, est revenue d’Angleterre en Afrique du Sud pour prononcer le second discours d’ouverture. Elle a souligné l’urgence d’améliorer l’efficacité des ports sud-africains, car « presque chaque cargaison pose problème » et les entreprises doivent faire face à des coûts croissants du fret aérien. Malgré les difficultés liées aux ports, à l’eau et à l’énergie, elle se montre optimiste quant à l’avenir du pays et à la résilience de ses citoyens. Elle a affirmé que Nando’s s’engage à s’approvisionner exclusivement en Afrique – des ingrédients aux objets de décoration. Plus de 400 produits sont exportés d’Afrique australe vers les restaurants et points de vente de Nando’s dans 20 pays, notamment des piments « bird’s eye », des œuvres d’art, du mobilier, des produits d’épicerie ou des uniformes. Plus de 60 Sud-Africains travaillent avec les équipes Nando’s en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis. Reddy a constitué sa propre équipe mondiale uniquement avec des talents sud-africains. « L’excellence est bien présente en Afrique du Sud », a-t-elle déclaré, invitant le public à réfléchir à la manière de rendre le pays plus compétitif, notamment en rendant l’exportation plus attrayante.

L’économie circulaire mise à l’honneur

L’Américaine Deborah Dull, spécialiste de la durabilité et de l’économie circulaire, a profité de la conférence SAPICS 2025 pour lancer son nouveau livre : Full Circle: Supply Chains Reimagined: A Story of Circular Supply Chain Capabilities. Ce récit met en scène Maya Patel, confrontée à une paralysie de sa chaîne d’approvisionnement. Sa solution : réparer et fabriquer localement les composants critiques plutôt que dépendre de fournisseurs lointains. Dull y aborde aussi le concept d’urban mining (extraction urbaine), qui consiste à extraire des composants électroniques ou des métaux des déchets électroniques (e-déchets). « Il est moins coûteux d’extraire des matériaux des déchets électroniques que de la planète », a-t-elle affirmé, précisant qu’environ 10 milliards de téléphones portables hors d’usage dorment actuellement dans des tiroirs à travers le monde.

Santé : des solutions africaines pour l’Afrique

Lors d’une session consacrée à la santé, les participants ont fait la connaissance de Stella Kivila, pharmacienne devenue consultante en technologies de la santé et conseillère stratégique. Elle milite pour des solutions africaines portées par des innovateurs africains. Deux de ces innovateurs ont pris la parole : le Dr Joseph Paul, fondateur de la startup tanzanienne Dawa Mkononi (« médicament au creux de la main »), et le Dr Arnaud Pourredon, ex-chirurgien en Côte d’Ivoire, fondateur de Meditect. Paul a raconté comment, lors d’un accouchement dans un village rural, il a dû attendre six heures pour obtenir un médicament… qui s’est révélé inefficace car probablement contrefait. Ce drame a été le déclic pour créer sa solution numérique destinée à améliorer l’accès aux médicaments sûrs dans les zones mal desservies. Pour sa part, Pourredon a quitté la chirurgie après avoir été dans l’incapacité de soigner un enfant de trois ans faute de traitement antipaludique disponible. Aujourd’hui, Meditect équipe les pharmacies de toute l’Afrique francophone avec des outils numériques intuitifs. « En améliorant l’accès aux médicaments essentiels, on peut augmenter de 10 ans l’espérance de vie en Afrique », a-t-il déclaré.

L’apprentissage par le jeu et l’intelligence artificielle

Pour Laurent Vigouroux, intervenant 2025 basé en France, « jouer est la meilleure manière d’apprendre ». Il estime que les formations traditionnelles en logistique peinent à captiver les participants et à produire des résultats concrets. Selon lui, la gamification et l’IA transforment radicalement l’apprentissage. Il a présenté le succès du jeu DDBrix, basé sur les briques LEGO, qui simplifie les concepts complexes, favorise la collaboration et améliore la rétention d’informations. Une version récente du jeu intègre même un agent IA pour accompagner les apprenants.


Remise des prix

Lors du dîner de clôture de la conférence SAPICS 2025, les prix suivants ont été décernés :

  • Meilleur stand d’exposition : Open Learning Group
  • Meilleur stand unitaire : b2wise
  • Meilleur stand multi-unité : DHL Group
  • Présentation la plus innovante : Deborah Dull
  • Meilleure intervenante : Carol Ptak

Les principaux sponsors de SAPICS 2025 :

  • Sponsor Diamant : Transnet
  • Sponsors Or : Intuiflow, SAP
  • Sponsors Argent : Apex, Dematic, b2wise, DHL Group, DP World, DSV, Dube Tradeport, Eazi Access, Health 4 Development, Relex Solutions, Slimstock

À propos de SAPICS

Depuis 1966, SAPICS œuvre pour valoriser, former et soutenir les professionnels de la chaîne d’approvisionnement en Afrique du Sud et sur l’ensemble du continent. L’organisation propose une adhésion, des événements, des conférences et des formations via des prestataires agréés. SAPICS est enregistrée en Afrique du Sud comme entreprise à but non lucratif, et réinvestit ses bénéfices dans le développement de la profession.

Site web : http://www.sapics.org

RDC-Banque mondiale : un partenariat décennal pour moderniser les transports et dynamiser le commerce extérieur 12 octobre 2026redaction  La République démocratique du Congo et la  Banque mondiale préparent un nouveau Cadre de partenariat pays couvrant la période 2027-2036. Au cœur de cette coopération : la modernisation des infrastructures de transport, l’amélioration de la connectivité et la facilitation des échanges commerciaux, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Cartesdu monde   La République démocratique du Congo entend faire de son réseau de transport un levier stratégique de développement économique et d’intégration régionale. C’est dans cette perspective qu’un atelier de dialogue réunissant les secteurs des Transports et du  Commerce extérieur s’est tenu ce lundi 12 octobre 2026 à Kinshasa, dans le cadre de la préparation du prochain Cadre de partenariat pays de la Banque mondiale pour la période 2027-2036.   ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Luna Avec un réseau comprenant 58 127 kilomètres de routes nationales, 85 000 kilomètres de routes de desserte agricole, 13 028,46 kilomètres de voiries urbaines et 5 033 kilomètres de voies ferrées, la RDC dispose d’un important potentiel de connectivité. À ces infrastructures s’ajoutent des voies navigables, des ports maritimes, lacustres et fluviaux, ainsi que des aéroports, aérodromes et pistes d’aviation. Cartesdu monde   L’enjeu consiste désormais à moderniser ces infrastructures et les postes frontaliers afin de faciliter la circulation des personnes et des marchandises, de renforcer les échanges commerciaux et de positionner le pays comme un acteur majeur de l’intégration économique africaine.  Prenant la parole lors de cet atelier, le directeur des opérations de la Banque mondiale en RDC, Albert Zeufack, a annoncé une nouvelle orientation dans l’accompagnement de l’institution financière internationale. Celle-ci entend privilégier des interventions de plus grande envergure, articulées autour de programmes structurants. Projetsmondiaux   « Nous allons passer des projets aux programmes structurants. Cette approche devrait notamment s’appuyer sur les corridors d’Inga, de Lobito et de la paix, considérés comme des axes importants pour améliorer la connectivité et soutenir les échanges économiques« , a-t-il déclaré, selon les propos rapportés lors de la rencontre.  À travers cette orientation, la Banque mondiale entend inscrire son appui dans une perspective de long terme, en cohérence avec les priorités de développement de la RDC pour la prochaine décennie. Projetsmondiaux  Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a insisté sur la nécessité d’accompagner ce partenariat d’une feuille de route claire, comportant des indicateurs précis pour mesurer les progrès réalisés et assurer la concrétisation des objectifs fixés sur dix ans.  Pour le ministre : « La modernisation des infrastructures doit se traduire par des résultats tangibles sur le terrain, notamment en matière de fluidité du commerce transfrontalier et de réduction des contraintes logistiques« .  Il a notamment mis en avant le modèle des postes frontaliers à arrêt unique, qui permet de regrouper les contrôles des pays voisins en un même lieu afin de simplifier les formalités et de réduire les délais de passage des marchandises.  Cette approche avait également été recommandée par le président zambien lors de la deuxième réunion de coordination de haut niveau sur le corridor de Lobito, organisée à Lusaka.  La mise en place de mécanismes frontaliers plus efficaces constitue ainsi un enjeu important pour renforcer les échanges entre la RDC et ses partenaires régionaux, mais aussi pour soutenir la mise en œuvre effective de la ZLECAf.  De son côté, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Luna, a salué l’accompagnement de la Banque mondiale dans les efforts visant à améliorer la connectivité de la RDC.  « Cette coopération représente un levier pour renforcer les infrastructures de transport, désenclaver les zones de production et faciliter l’accès des populations aux marchés. Elle pourrait également contribuer à améliorer l’acheminement des produits agricoles et industriels vers les centres de consommation et les corridors commerciaux régionaux », a indiqué Jon Banza. Concevoirville  Les échanges de cet atelier ont également été marqués par les présentations des experts du gouvernement congolais et de la  Banque mondiale, appelés à contribuer à la définition des priorités du futur cadre de partenariat.  À travers ce processus de concertation, la RDC et la Banque mondiale entendent identifier les investissements et les réformes susceptibles de soutenir la transformation du secteur des transports et de renforcer la compétitivité du  commerce extérieur congolais sur la période 2027-2036.

RDC-Banque mondiale : un partenariat décennal pour moderniser les transports et dynamiser le commerce extérieur 12 octobre 2026redaction La République démocratique du Congo et la Banque mondiale préparent un nouveau Cadre de partenariat pays couvrant la période 2027-2036. Au cœur de cette coopération : la modernisation des infrastructures de transport, l’amélioration de la connectivité et la facilitation des échanges commerciaux, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Cartesdu monde La République démocratique du Congo entend faire de son réseau de transport un levier stratégique de développement économique et d’intégration régionale. C’est dans cette perspective qu’un atelier de dialogue réunissant les secteurs des Transports et du Commerce extérieur s’est tenu ce lundi 12 octobre 2026 à Kinshasa, dans le cadre de la préparation du prochain Cadre de partenariat pays de la Banque mondiale pour la période 2027-2036. ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Luna Avec un réseau comprenant 58 127 kilomètres de routes nationales, 85 000 kilomètres de routes de desserte agricole, 13 028,46 kilomètres de voiries urbaines et 5 033 kilomètres de voies ferrées, la RDC dispose d’un important potentiel de connectivité. À ces infrastructures s’ajoutent des voies navigables, des ports maritimes, lacustres et fluviaux, ainsi que des aéroports, aérodromes et pistes d’aviation. Cartesdu monde L’enjeu consiste désormais à moderniser ces infrastructures et les postes frontaliers afin de faciliter la circulation des personnes et des marchandises, de renforcer les échanges commerciaux et de positionner le pays comme un acteur majeur de l’intégration économique africaine. Prenant la parole lors de cet atelier, le directeur des opérations de la Banque mondiale en RDC, Albert Zeufack, a annoncé une nouvelle orientation dans l’accompagnement de l’institution financière internationale. Celle-ci entend privilégier des interventions de plus grande envergure, articulées autour de programmes structurants. Projetsmondiaux « Nous allons passer des projets aux programmes structurants. Cette approche devrait notamment s’appuyer sur les corridors d’Inga, de Lobito et de la paix, considérés comme des axes importants pour améliorer la connectivité et soutenir les échanges économiques« , a-t-il déclaré, selon les propos rapportés lors de la rencontre. À travers cette orientation, la Banque mondiale entend inscrire son appui dans une perspective de long terme, en cohérence avec les priorités de développement de la RDC pour la prochaine décennie. Projetsmondiaux Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a insisté sur la nécessité d’accompagner ce partenariat d’une feuille de route claire, comportant des indicateurs précis pour mesurer les progrès réalisés et assurer la concrétisation des objectifs fixés sur dix ans. Pour le ministre : « La modernisation des infrastructures doit se traduire par des résultats tangibles sur le terrain, notamment en matière de fluidité du commerce transfrontalier et de réduction des contraintes logistiques« . Il a notamment mis en avant le modèle des postes frontaliers à arrêt unique, qui permet de regrouper les contrôles des pays voisins en un même lieu afin de simplifier les formalités et de réduire les délais de passage des marchandises. Cette approche avait également été recommandée par le président zambien lors de la deuxième réunion de coordination de haut niveau sur le corridor de Lobito, organisée à Lusaka. La mise en place de mécanismes frontaliers plus efficaces constitue ainsi un enjeu important pour renforcer les échanges entre la RDC et ses partenaires régionaux, mais aussi pour soutenir la mise en œuvre effective de la ZLECAf. De son côté, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Luna, a salué l’accompagnement de la Banque mondiale dans les efforts visant à améliorer la connectivité de la RDC. « Cette coopération représente un levier pour renforcer les infrastructures de transport, désenclaver les zones de production et faciliter l’accès des populations aux marchés. Elle pourrait également contribuer à améliorer l’acheminement des produits agricoles et industriels vers les centres de consommation et les corridors commerciaux régionaux », a indiqué Jon Banza. Concevoirville Les échanges de cet atelier ont également été marqués par les présentations des experts du gouvernement congolais et de la Banque mondiale, appelés à contribuer à la définition des priorités du futur cadre de partenariat. À travers ce processus de concertation, la RDC et la Banque mondiale entendent identifier les investissements et les réformes susceptibles de soutenir la transformation du secteur des transports et de renforcer la compétitivité du commerce extérieur congolais sur la période 2027-2036.