Tanzanie-Égypte : cap sur la modernisation des infrastructures portuaires et de transport à Dar es Salaam

L’Égypte et la Tanzanie renforcent leur partenariat stratégique dans le secteur des ports et du transport maritime pour accélérer la modernisation des infrastructures logistiques régionales. Lors d’une rencontre officielle début octobre 2026, Le Caire a formalisé sa volonté de mettre son expertise technique à disposition de Dodoma, ciblant en priorité l’extension du port de Dar es Salaam et l’optimisation des flux de fret.
En marge du Forum d’affaires Alamein-Afrique tenu en Égypte sous le patronage présidentiel, le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly et le vice-président tanzanien Dewa Mwakasege Ndejembi ont engagé des discussions bilatérales axées sur les infrastructures stratégiques. Les autorités tanzaniennes ont confirmé la venue prochaine du ministre des Transports dans les complexes portuaires égyptiens afin d’évaluer les modèles opérationnels transférables.
Modernisation portuaire et projets d’infrastructures clés
Le partenariat s’appuie sur la dynamique industrielle déjà établie par le consortium égyptien Arab Contractors et Elsewedy Electric, maître d’œuvre du barrage et de la centrale hydroélectrique Julius Nyerere en Tanzanie. L’objectif est de transposer cette coopération technique à la logistique maritime et aux liaisons multimodales.
Les axes stratégiques retenus comprennent :
- Extension du port de Dar es Salaam : appui à la modernisation des quais, à la numérisation des opérations de manutention et à l’augmentation de la capacité d’accueil des navires à fort tirant d’eau.
- Systèmes de transport et corridors : partage d’expertise technique pour fluidifier les liaisons terrestres reliant les zones portuaires aux zones d’arrière-pays (hinterland).
- Projets agro-logistiques : mise en place d’une étude de faisabilité pour un projet agricole conjoint axé sur la mise en valeur des terres et la création de chaînes de froid dédiées à l’exportation.
Pourquoi c’est important
- Augmentation de la capacité de traitement : L’extension du terminal de Dar es Salaam vise à réduire directement les temps d’attente au mouillage des porte-conteneurs et les coûts de surestaries pour les armateurs.
- Transfert de compétences industrielles : L’implication des géants égyptiens BTP/énergie sécurise l’exécution des chantiers complexes et favorise la formation technique des cadres logistiques locaux.
- Sécurisation des flux agro-alimentaires : L’association entre projets agricoles et corridors de transport renforce la valeur ajoutée des chaînes logistiques d’exportation de la sous-région.
Une perspective d’intégration logistique à l’échelle de l’Afrique de l’Est
Cette coopération bilatérale s’inscrit dans un contexte de compétition accrue entre les façades maritimes est-africaines. En modernisant le port de Dar es Salaam, la Tanzanie cherche à consolider son positionnement de porte d’entrée maritime face au port de Mombasa au Kenya, tout en captant une part croissante du Fret à destination des pays enclavés de la Communauté d’Afrique de l’Est (RDC, Rwanda, Burundi, Ouganda). Pour l’Égypte, ce rapprochement consolide son ancrage économique le long du bassin du Nil et sécurise de nouveaux débouchés pour ses champions nationaux de la construction et de la gestion d’infrastructures.
Le renforcement des capacités du hub de Dar es Salaam constitue un levier déterminant pour la fluidité des chaînes d’approvisionnement est-africaines. La concrétisation des transferts d’expertise égyptiens dictara le rythme de décongestion des corridors régionaux dans les mois à venir.

