Afreximbank et DBSA mobilisent 20 millions de dollars pour préparer des projets d’infrastructure en Afrique australe
Afreximbank et la Development Bank of Southern Africa (DBSA) ont signé un accord-cadre pour mettre en place une facilité conjointe de préparation de projets de 20 millions de dollars. Le mécanisme doit financer les études nécessaires à la maturation de projets d’infrastructure et industriels en Afrique du Sud et dans plusieurs pays d’Afrique australe.
Une facilité de 20 millions de dollars pour rendre les projets bancables
Dans le cadre de la Joint Project Preparation Facility (JPPF), Afreximbank et la DBSA pourront chacune mobiliser jusqu’à 10 millions de dollars. Les fonds seront consacrés aux phases amont des projets : études techniques, analyses financières, travaux juridiques et autres opérations nécessaires avant la recherche de financements pour la réalisation.
Les deux institutions identifieront, évalueront et sélectionneront conjointement les projets susceptibles d’entrer dans le dispositif. L’objectif est de réduire le nombre de projets qui restent bloqués au stade de conception faute d’études suffisamment avancées pour intéresser les banques et investisseurs.
Transport et logistique parmi les secteurs prioritaires
Le transport et la logistique figurent parmi les secteurs prioritaires du mécanisme, aux côtés de l’énergie, notamment la transition énergétique, des technologies de l’information et de la communication et de la valorisation des minerais stratégiques.
Pour les infrastructures de transport, la phase de préparation est déterminante. Études de faisabilité, modèles financiers, analyse des risques, cadre juridique et structuration des contrats conditionnent la capacité d’un projet à atteindre le financement final.
La DBSA indique que l’absence de préparation suffisante peut retarder le passage d’un projet à la phase d’investissement. Sa propre activité de préparation vise précisément à réduire ces risques et à rapprocher les projets du bouclage financier.
Un outil pour renforcer les infrastructures régionales
La facilité concernera d’abord l’Afrique du Sud et l’Afrique australe, avec la possibilité d’étendre ultérieurement son champ à d’autres pays africains présentant un intérêt commun pour les deux institutions.
Les projets préparés dans le cadre du JPPF pourront ensuite rechercher des financements auprès d’Afreximbank ou de la DBSA, sous réserve d’évaluations et d’approbations séparées. Ils pourront également être présentés à des investisseurs privés, à d’autres institutions financières de développement et à des banques commerciales.
Le dispositif complète l’accord de participation aux risques signé par Afreximbank et la DBSA en février 2026. Cette première coopération portait notamment sur le financement du commerce et le partage des risques ; le nouveau mécanisme intervient désormais plus en amont, au niveau de la préparation des projets.
Pourquoi c’est important
- Préparation des infrastructures : les études techniques et financières doivent permettre de transformer des projets identifiés en opérations susceptibles d’être financées.
- Transport et logistique : les projets retenus peuvent contribuer à renforcer les capacités de circulation des marchandises et les connexions entre marchés régionaux.
- Financement : la préparation en amont doit faciliter la mobilisation ultérieure de capitaux publics et privés.
Un lien avec l’intégration régionale
Le mécanisme s’inscrit dans les objectifs d’intégration de la SADC et de mise en œuvre de la ZLECAf. Pour les chaînes logistiques d’Afrique australe, la disponibilité de projets suffisamment préparés constitue un préalable à la modernisation des infrastructures reliant les zones de production, les centres industriels, les corridors de transport et les marchés.
L’accord intervient également quelques mois après l’adhésion de l’Afrique du Sud à l’accord constitutif d’Afreximbank en février 2026, faisant du pays le 54e État membre de l’institution.
À court terme, l’enjeu sera donc d’identifier les premiers projets capables de bénéficier de la facilité de préparation de projets de 20 millions de dollars. Pour le transport et la logistique, leur passage à un stade bancable déterminera ensuite leur capacité à attirer les financements nécessaires à leur réalisation.

