Afrique australe : cinq pays préparent l’interconnexion de leurs données douanières pour fluidifier les corridors logistiques

 

Afrique australe : cinq pays préparent l’interconnexion de leurs données douanières pour fluidifier les corridors logistiques
Corridors régionaux — Afrique australe : le Malawi, le Mozambique, l’Afrique du Sud, la Zambie et le Zimbabwe ont adopté une feuille de route commune pour connecter leurs systèmes douaniers. L’objectif est de permettre aux informations sur les marchandises de circuler avant leur arrivée aux frontières afin de réduire les délais de dédouanement.

Une feuille de route adoptée à Pretoria

Les administrations douanières du Malawi, du Mozambique, de l’Afrique du Sud, de la Zambie et du Zimbabwe ont adopté, le 26 août à Pretoria, une feuille de route et un plan d’action pour développer l’échange de données Customs-to-Customs (C2C).

La réunion s’est tenue du 24 au 26 août 2026. Elle a été organisée par TradeMark Africa (TMA) et accueillie par le South African Revenue Service (SARS), avec la participation du secrétariat de la SADC. (trademarkafrica.com)

Le dispositif doit permettre aux administrations douanières d’échanger des informations avant l’arrivée des cargaisons. Les données pourront notamment servir au traitement préalable des marchandises, à l’analyse des risques et au contrôle des recettes.

Données douanières : un enjeu direct pour les corridors logistiques

Le principal enjeu est de réduire les opérations répétitives aux frontières. Pour les entreprises qui dépendent de plusieurs passages douaniers, les retards peuvent immobiliser les camions, augmenter les coûts de transport et mobiliser davantage de fonds de roulement.

Le projet doit être déployé progressivement sur des corridors prioritaires. Des connexions bilatérales existent déjà entre la Zambie et le Malawi, ainsi qu’entre la Zambie et le Zimbabwe. Ces expériences doivent servir de base à une interconnexion plus large des administrations douanières. (trademarkafrica.com)

À terme, cette démarche doit contribuer au développement de corridors intelligents (« Smart Corridors »), avec moins de répétition documentaire et davantage de traitement numérique des informations.

Pourquoi c’est important

1. Réduction des délaisL’échange anticipé des données peut permettre aux douanes d’identifier les cargaisons à risque avant leur arrivée et de faciliter le traitement des marchandises conformes.

2. Maîtrise des coûts logistiques
Moins d’attente aux frontières signifie potentiellement moins de temps d’immobilisation des véhicules et une meilleure utilisation des capacités de transport.

3. Sécurisation des échanges
Le partage d’informations doit également renforcer la gestion des risques, la sécurisation des recettes douanières et la détection des flux commerciaux illicites. (trademarkafrica.com)

Un projet qui s’inscrit dans l’intégration régionale

L’initiative intervient alors que les échanges intra-africains restent fortement dépendants de la performance des corridors terrestres et des procédures aux frontières. Selon les données citées par TradeMark Africa et provenant d’Afreximbank, l’Afrique australe représentait environ 41 % du commerce intra-africain, soit près de 192 milliards de dollars en 2023. (trademarkafrica.com)

Pour les opérateurs de transport et les chargeurs, l’enjeu sera désormais de transformer cette interconnexion informatique en gains mesurables sur le terrain : temps de passage, prévisibilité des livraisons et coûts de transit.

La prochaine étape sera donc la mise en œuvre progressive de la feuille de route. Si elle est correctement déployée, l’interconnexion des données douanières en Afrique australe pourrait améliorer la performance des corridors logistiques régionaux et faciliter le transport transfrontalier.