Guinée : l’autoroute Coyah-Kindia-Mamou lance un corridor routier de 855 km vers la Côte d’Ivoire

Transport routier en Guinée : le pays a lancé le 24 août 2026 les travaux de l’autoroute Coyah-Kindia-Mamou, longue de 170 km. Ce premier tronçon doit renforcer la capacité de transport entre Conakry et l’intérieur du pays, dans le cadre d’un corridor appelé à rejoindre la frontière ivoirienne sur 855 km.
Une autoroute de 170 km pour renforcer le transport routier en Guinée
Le projet Coyah-Kindia-Mamou constitue la première phase du Corridor Sud guinéen. L’axe doit, à terme, relier Conakry à la frontière ivoirienne en passant notamment par Faranah, Kissidougou, Kérouané, Beyla et Sinko.
Le futur ouvrage sera aménagé en 2×2 voies. Il comprendra des échangeurs, des gares de péage et de pesage automatisées, des aires de repos ainsi que des dispositifs de sécurité routière.
L’objectif opérationnel est de fluidifier les déplacements sur un axe soumis à une pression croissante. Le Grand Conakry génère une demande importante de transport, tandis que les activités minières de Forécariah, Kindia et Beyla renforcent les besoins en acheminement de marchandises et d’intrants.
Le corridor doit également améliorer l’accès aux bassins agricoles et aux zones à potentiel touristique des régions traversées. Pour les transporteurs, l’enjeu porte surtout sur la régularité des temps de parcours, la capacité disponible et les coûts liés à l’état des routes.
Infrastructures routières : un réseau encore pénalisé par la maintenance
La Guinée dispose d’environ 45 300 km de routes, dont 7 576 km de routes nationales. Sur ces dernières, 2 779 km sont revêtus et 4 797 km ne le sont pas. Le réseau comprend également 2 000 km de routes urbaines, 15 876 km de routes préfectorales et 19 846 km de routes communales.
Les routes nationales asphaltées, bien que minoritaires dans le réseau total, concentrent près de 80 % du trafic routier. Leur état constitue donc un facteur direct de performance logistique.
Selon une estimation de la Banque mondiale datant de 2021, seulement 30 % des routes nationales asphaltées étaient alors en bon état. En parallèle, environ 75 % des routes nationales non asphaltées étaient dégradées et pouvaient devenir difficilement praticables durant la saison des pluies.
Pourquoi c’est important
- Capacité : le passage à 2×2 voies doit augmenter la capacité d’un axe stratégique pour les flux entre Conakry et l’intérieur du pays.
- Coûts et délais : une infrastructure plus régulière peut réduire les temps de parcours, les immobilisations et les coûts d’exploitation des véhicules.
- Flux miniers et agricoles : le corridor doit faciliter l’acheminement des marchandises depuis plusieurs zones de production vers les marchés et points d’exportation.
Un corridor à portée régionale
Le prolongement jusqu’à la frontière ivoirienne donne au projet une dimension régionale. À terme, l’axe pourrait renforcer les connexions entre la Guinée, la Côte d’Ivoire et les marchés d’Afrique de l’Ouest, tout en soutenant les flux liés aux activités minières et agricoles.
Le projet s’inscrit dans Simandou 2040, dont le programme prévoit notamment la construction de 2 000 km d’autoroutes et 10 000 km de routes pavées d’ici 2040. La performance du réseau dépendra toutefois autant des investissements nouveaux que de la capacité à financer sa maintenance sur le long terme.
Pour le transport routier en Guinée, l’autoroute Coyah-Kindia-Mamou marque ainsi le début d’un chantier de corridor dont l’enjeu dépasse les 170 km : il s’agit d’améliorer durablement la capacité, la fiabilité et les coûts des flux vers l’intérieur du pays et, à terme, vers la Côte d’Ivoire.

