MODERNISATION DU CHEMIN DE FER CONGO OCEAN : Denis Sassou Nguesso lance un chantier historique de 595 millions de dollars US. Un tournant majeur pour le corridor national.
Une nouvelle ère s’est ouverte pour le chemin de fer Congo Océan (CFCO) le 27 février 2026. Denis Sassou Nguesso Président de la république Chef de l’Etat a en effet officiellement donné le coup d’envoi des travaux de réhabilitation et de modernisation dudit chemin de fer, épine dorsale de l’économie congolaise. Un projet d’envergure, tant attendu depuis plusieurs décennies qui, dans la stratégie nationale de développement des infrastructures, marque une étape décisive dans la relance du réseau ferroviaire congolais et dans la consolidation du corridor logistique national reliant l’intérieur du pays au littoral.
Depuis 1934 année de son inauguration et de sa mise en exploitation, le Chemin de fer Congo Océan (CFCO), n’avait jamais bénéficié dans son tracé initial, d’aucune réhabilitation, ni maintenance importante, nonobstant quelques interventions urgentes effectuées entre 2012 et 2015 sur le long tunnel de 4,6 km y compris sa ligne haute tension destinée à l’alimentation en électricité de son usine de ventilation. Ces efforts très louables n’ont malheureusement pas pu restituer au CFCO sa complète vitalité. C’est pourquoi, dans l’optique de trouver les moyens susceptibles d’enrayer les pathologies et fragilités qui minent le Chemin de fer Congo Océan pour enfin le redynamiser , le gouvernement congolais a signé le 12 janvier 2026 ,à Changsha en République Populaire de Chine, un accord-cadre de coopération avec la société Hunan Construction Investment Group, pour financer les travaux de reconstruction et de modernisation du CFCO sur 512 km du tronçon Pointe-Noire –Brazzaville ,ainsi que les 91km de l’ancien tracé abandonné, situé dans la zone complexe et escarpée de la foret du Mayombe . L’objectif visé par ce projet est de restituer au CFCO sa compétitivité et sa robustesse, en vue de le restaurer directement en tant qu’infrastructure structurante du mode de transport national et levier majeur de la compétitivité économique du pays. Il vise aussi l’amélioration continue des performances opérationnelles, techniques et commerciales, à travers l’innovation, l’optimisation de l’exploitation ferroviaire et le renforcement des capacités de gestion dans le respect des exigences de durabilité et d’intégration au contexte socio-économique national et sous régional. Enfin, le projet ainsi lancé, ambitionne de positionner le CFCO comme un outil logistique fiable, compétitif et pérenne, qui contribue à la facilitation des échanges, au désenclavement des territoires et au renforcement de l’intégration économique. Il permettra au terme des travaux, de réduire les temps de trajet et les risques de déraillement, de revitaliser la vocation du Congo en tant que plate-forme de transit et de connectivité régionale. La modernisation du CFCO devrait permettre d’augmenter significativement le flux de marchandises entre le Port de Pointe-Noire et Brazzaville, tout en sécurisant le transport des passagers. Hunan Construction Investment Group devra donc relever de nombreux défis techniques majeurs, notamment dans les reliefs accidentés du Mayombe, pour garantir une infrastructure durable et aux normes internationales.

Au-delà de l’aspect technique, la réhabilitation du CFCO vise à améliorer la sécurité, la fiabilité et la performance du trafic ferroviaire, tout en renforçant l’intégration entre les différents modes de transport : le ferroviaire, le routier ; le maritime et l’aérien essentiels au développement du pays.
Décrivant les caractéristiques de ce projet, Jean-Jacques Bouya ministre de l’aménagement du territoire et des Grands Travaux a indiqué qu’il ne s’agit pas d’une simple rénovation, mais d’une véritable mutation technologique dont les travaux majeurs porteront sur : le remplacement systématique des anciens rails de la voie principale ;le remplacement des traverses métalliques et en bois actuelles par les traverses en béton ; l’engraissement des assises en ballast. ; la modernisation du réseau de télécommunication et de signalisation. La vétusté prononcée des gares ferroviaires, recommande a-t-il dit leur rénovation et leur modernisation en conformité avec les standards internationaux. Il s’agira donc de moderniser les gares principales de Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Bouansa, Loutété, Mindouli, et Brazzaville ; la reconstruction des gares secondaires ; la modernisation des terminaux de Brazzaville et de Pointe-Noire ; la réhabilitation et la modernisation totale des installations ferroviaires du port de Pointe-Noire ; la construction et l’équipement d’un poste d’entretien des locomotives et des wagons et d’un poste de service de voitures voyageurs.
Les avancées technologiques en matière de télécommunications, signalisations et énergie, dictent la mise à jour des réseaux et systèmes actuellement installés le long de la ligne par l’acquisition des équipements du système de communication sans fil et par fibre optique entre le poste de commandement à Pointe-Noire et l’ensemble des gares, ainsi que ceux de communication entre les locomotives et les gares ; la mise en place d’un système de signalisation lumineuse numérique moderne incluant les moteurs d’aiguilles ; les compteurs d’essieux ; les signaux ; le système de gestion du trafic ; la réhabilitation de tous les ouvrages d’art et du tunnel de 4,6km de long ,ainsi que des 12 tunnels de l’ancien tracé abandonné dans le Mayombe ; l’acquisition des draisines pour l’entretien et le contrôle de l’état de la voie ; l’acquisition de matériels de manutention dans les gares de Pointe-Noire, Dolisie, et Brazzaville ; l’acquisition de 10 nouvelles locomotives de ligne à savoir : 4 trains voyageurs des temps modernes ; l’acquisition de 100 wagons dont 40 porte-conteneurs,20 couverts et 40 de 21 metres pour grumes ; l’acquisition des stocks de pièces de rechange pour la réparation des locomotives et wagons nouvellement acquis. Aussi a-t-il renchéri, l’ensemble du personnel technique bénéficiera des formations de pointe axée sur l’utilisation et la maintenance des nouveaux équipements et réseaux divers dans les métiers du domaine ferroviaire.
Le coût global de ce chantier titanesque qui s’élève à 595000 000 de dollars US, témoigne de l’ambition des autorités congolaises au plus haut niveau de redonner au Chemin de fer Congo Océan (CFCO), infrastructure historique et stratégique, sa place de leader dans le transit des marchandises et des personnes.
Par Antoine Dustell Mbama

