Par la rédaction de Logis-T Africa
À mesure que les plateformes aéroportuaires s’imposent comme des maillons stratégiques de la logistique et du transport en Afrique, la gestion des bagages devient un indicateur clé de la qualité de service et de l’expérience passager. À Abidjan, face aux plaintes récurrentes liées aux délais de livraison des bagages, les autorités ivoiriennes ont décidé de passer à l’action et d’imposer un calendrier clair aux acteurs de la chaîne aéroportuaire.
Anticipant les périodes de forte affluence — la petite haute saison de fin d’année et la grande saison estivale — le ministère des Transports, à travers la Direction générale du transport aérien (DGTA), a engagé une démarche visant à identifier les dysfonctionnements et à mettre en œuvre des mesures correctives durables à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. Objectif affiché : un retour à la normale au plus tard fin février 2026.
Une rencontre de haut niveau pour fluidifier la chaîne logistique des bagages
C’est dans ce contexte qu’une réunion stratégique s’est tenue le lundi 29 décembre 2025 au cabinet ministériel, situé au 21ᵉ étage de l’immeuble Postel 2001, au Plateau. L’ensemble des structures opérant sur la plateforme aéroportuaire était mobilisé : ANAC, AERIA, SODEXAM, AVISECURE et MENZIES, acteur central de la manutention au sol.
Pilotée par Ahmed Djibril Coulibaly, Directeur général du Transport aérien (DGTA), la séance de travail était présidée par Dioman Coné, Directeur de cabinet du Ministre des Transports, avec la participation de la Direction de la Communication et des Relations publiques du ministère. L’enjeu : fluidifier la chaîne logistique des bagages, du comptoir d’enregistrement jusqu’au tapis de livraison.
Des dysfonctionnements clairement identifiés
Les échanges ont permis de passer au crible l’ensemble du circuit bagages : enregistrement au départ, embarquement en soute, gestion des bagages en correspondance et livraison à l’arrivée. Plusieurs points de blocage ont été mis en évidence, notamment dans le convoyage des bagages au départ, générant retards, insatisfaction des passagers et perturbations dans la ponctualité des vols.
Face à ce constat, le ministère des Transports et les structures aéroportuaires ont convenu de déployer sans délai des actions correctives, avec un ultimatum fixé à fin février 2026 pour une résolution complète des dysfonctionnements. Une échéance jugée cruciale pour préserver l’attractivité du hub aérien d’Abidjan, appelé à jouer un rôle central dans le transport aérien en Afrique de l’Ouest.
Un comité de suivi pour une gouvernance renforcée
Autre décision stratégique : la mise en place d’un comité de suivi ministériel chargé de renforcer la coordination opérationnelle entre les différents acteurs. Placé sous la coordination de la DGTA, ce comité sera composé de deux représentants par entité intervenant sur la plateforme.
Sa mission consistera à piloter, coordonner et arbitrer les opérations liées à la gestion des bagages et, plus largement, à la qualité de service aéroportuaire. À cet effet, les participants ont acté la création d’un rapport journalier des activités et opérations aéroportuaires, ainsi que d’un Centre de coordination opérationnelle journalier (CCOJ), afin de garantir un partage d’informations en temps réel, indispensable à une logistique aéroportuaire performante.
Une pression accrue pour améliorer l’expérience passager
Au terme de cette séance de travail, l’ensemble des acteurs de la plateforme aéroportuaire d’Abidjan s’est engagé à prendre toutes les dispositions nécessaires, chacun dans son périmètre, pour respecter le calendrier fixé. Au-delà de la seule question des bagages, cette mobilisation traduit une volonté affirmée des autorités ivoiriennes de faire de la qualité de service un levier de compétitivité du transport en Afrique.
À Abidjan, l’ultimatum de février 2026 marque ainsi un tournant : l’amélioration de la livraison des bagages devient un test grandeur nature de la capacité des acteurs à moderniser la logistique aéroportuaire en Afrique et à conforter la position de la Côte d’Ivoire comme hub régional de référence.

