Bénin-Niger : 291 millions de dollars pour moderniser un corridor encore freiné par la fermeture de la frontière
le Bénin engage 291 millions de dollars pour renforcer ses infrastructures de transport sur un axe stratégique vers le Sahel, alors que la continuité des échanges avec le Niger reste affectée par la fermeture de la frontière terrestre entre les deux pays.
Le projet prévoit notamment la reconstruction du tronçon Setto–Dassa-Zoumè, sur 39,45 km de la RNIE 2. La route sera élargie en 2×2 voies, avec la construction d’un second pont de 60 mètres sur le fleuve Zou et l’installation d’un poste moderne de péage et de pesage. Les travaux ont été officiellement lancés le 9 septembre 2026.
Un investissement pour renforcer l’axe vers le nord
Le tronçon Setto–Dassa-Zoumè constitue un maillon de la liaison routière entre la façade maritime du Bénin et les marchés du nord. Son amélioration doit renforcer la capacité de circulation sur la RNIE 2 et faciliter le transport des marchandises.
Le projet prévoit le passage de la chaussée actuelle à quatre voies, ainsi qu’un nouvel ouvrage sur le Zou. L’objectif est notamment d’améliorer la fluidité du trafic et la sécurité sur un axe utilisé par le transport interurbain et le fret.
Pour les opérateurs logistiques, l’enjeu est surtout de disposer d’une infrastructure capable d’absorber davantage de trafic et de rendre les temps de parcours plus prévisibles entre le sud et le nord du pays.
Un financement de 291 millions de dollars
L’investissement s’inscrit dans le Compact régional du MCA, entré en vigueur le 17 juillet 2025.
L’enveloppe atteint 291 millions de dollars, avec 202 millions apportés par le Millennium Challenge Corporation (MCC) et 89 millions de dollars de contrepartie béninoise. Le programme vise notamment à améliorer les infrastructures et les conditions de transport sur les axes à vocation régionale.
Au-delà de la route Setto–Dassa-Zoumè, le projet doit contribuer à renforcer la chaîne logistique reliant les infrastructures portuaires du Bénin aux marchés de l’hinterland.
Une infrastructure modernisée, mais un corridor toujours contraint
L’investissement intervient toutefois dans un contexte où la performance du corridor ne dépend pas uniquement de l’état des infrastructures.
La fermeture de la frontière entre le Bénin et le Niger continue de limiter la circulation directe des marchandises entre les deux pays. Pour les transporteurs et les chargeurs, cela réduit l’impact immédiat que peut avoir une amélioration de la capacité routière sur les flux transfrontaliers.
Cette situation met en évidence un enjeu central pour les corridors ouest-africains : moderniser les routes ne suffit pas si les passages frontaliers, les procédures douanières et les connexions avec les marchés de destination ne fonctionnent pas de manière fluide.
Un enjeu pour le fret en direction du Sahel
Le Bénin cherche depuis plusieurs années à renforcer son rôle de plateforme logistique pour les pays de l’hinterland. Le réseau routier reliant le port de Cotonou au nord constitue donc un élément essentiel de cette stratégie.
La modernisation de Setto–Dassa-Zoumè peut améliorer la capacité du corridor côté béninois. Mais pour les opérateurs de fret, le bénéfice réel dépendra également de la réouverture et de la fluidification des connexions vers le Niger et, au-delà, vers les autres marchés sahéliens.
Le projet pose ainsi une équation simple pour les acteurs de la supply chain : plus de capacité routière côté béninois, mais une continuité régionale encore à restaurer.
À terme, la combinaison d’infrastructures routières modernisées, de procédures frontalières plus fluides et d’une meilleure continuité des échanges serait déterminante pour renforcer la compétitivité du corridor Cotonou–Niger et son rôle dans les flux commerciaux vers le Sahel.

