Transport et logistique en Afrique de l’Ouest : ce que révèle le rapport EER (novembre 2025) sur le corridor Bamako–Zantiebougou

Par la rédaction de Logis-T Africa

Le Projet d’aménagement et de facilitation de transport sur le corridor Bamako–Zantiebougou s’impose comme l’un des investissements routiers et logistiques les plus structurants d’Afrique de l’Ouest. Porté par un financement multinational, il vise à fluidifier les échanges, réduire les coûts logistiques et renforcer l’intégration régionale entre la Côte d’Ivoire et le Mali, au cœur des corridors logistiques africains.

Un corridor stratégique pour le commerce africain et la supply chain régionale

Le corridor Bamako–Zantiebougou s’inscrit dans l’axe Bamako–San Pedro, un itinéraire clé pour le commerce africain, reliant l’hinterland malien aux ports ivoiriens. Il joue un rôle central dans le transport routier en Afrique, notamment pour l’exportation de produits agricoles, miniers et manufacturés, ainsi que pour l’import-export Afrique.

L’objectif principal du projet est clair : améliorer la fluidité du trafic, réduire les temps et coûts de transport et renforcer la compétitivité de la chaîne d’approvisionnement Afrique.

Plus de 100 millions d’euros mobilisés pour les infrastructures logistiques africaines

Le projet bénéficie d’un financement global de près de 104 millions d’euros, mobilisant plusieurs partenaires :

  • Banque africaine de développement (BAD),

  • Fonds africain de développement (FAD),

  • Union européenne – Africa Investment Platform,

  • Fonds de la CEDEAO,

  • États bénéficiaires.

Cette architecture financière illustre l’importance accordée aux infrastructures logistiques africaines comme levier de développement économique et d’intégration régionale.

Des résultats tangibles sur le transport en Afrique de l’Ouest

Des performances routières nettement améliorées

Les travaux routiers sont achevés à 100 % sur les deux lots, couvrant :

  • 135 km en Côte d’Ivoire,

  • 140 km au Mali.

Les impacts sont significatifs :

  • Le temps de parcours sur certaines sections est passé de 6 heures à 1h30,

  • Les coûts d’exploitation des véhicules ont été réduits de près de 50 %,

  • Le trafic a augmenté, renforçant la fiabilité de la supply chain Afrique.

Des effets directs sur les populations et l’économie locale

Au-delà du transport, le projet a intégré des aménagements connexes :

  • pistes rurales,

  • forages d’eau potable,

  • éclairage solaire,

  • équipements en faveur des femmes et des communautés riveraines.

Ces investissements améliorent la mobilité, l’accès aux marchés et les conditions de vie, tout en soutenant une logistique inclusive au service du développement local.

Facilitation du transport et enjeux de la chaîne d’approvisionnement Afrique

L’un des piliers du projet concerne la facilitation du transport et des échanges transfrontaliers, notamment :

  • la mise en place d’un poste de contrôle juxtaposé (PCJ) à la frontière CI–Mali,

  • la modernisation des procédures douanières,

  • l’amélioration du transit routier inter-États.

Si les études techniques sont achevées, certaines composantes — pilotées notamment par l’UEMOA — connaissent des retards. Leur mise en œuvre est cependant jugée déterminante pour optimiser la gestion de la supply chain Afrique et renforcer l’attractivité du corridor.

Un projet clé pour les tendances de la logistique en Afrique en 2026

Classé très satisfaisant en termes d’objectifs de développement, le projet Bamako–Zantiebougou illustre les tendances de la logistique en Afrique en 2026 :

  • priorité aux corridors régionaux,

  • réduction des coûts logistiques,

  • intégration transport–commerce–développement local,

  • renforcement de la résilience des chaînes d’approvisionnement.

Il démontre également que la modernisation du transport en Afrique, notamment routier, reste un facteur déterminant pour l’intégration des économies africaines dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.

Une étape décisive pour l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest

À l’approche de sa clôture prévue en 2026, le projet s’affirme comme un référentiel pour les politiques de transport et de logistique en Afrique de l’Ouest. En améliorant la connectivité entre le Mali et la Côte d’Ivoire, il renforce la compétitivité du corridor Bamako–San Pedro et consolide le rôle des infrastructures comme socle du commerce africain et de la chaîne d’approvisionnement Afrique.

Pour les décideurs, investisseurs et acteurs du secteur, ce projet illustre concrètement comment les corridors logistiques africains peuvent devenir des moteurs durables de croissance économique et d’intégration continentale.