Bénin : 200 millions de dollars approuvés par l’AIIB pour un projet de mobilité urbaine durable au Grand-Nokoué

L’Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB) a accordé un financement de 200 millions de dollars pour soutenir le Projet de Mobilité Urbaine Durable du Grand-Nokoué (PMUD-GN), une initiative phare visant à améliorer les déplacements et réduire l’impact environnemental du transport dans l’un des principaux pôles économiques du Bénin. Ce projet bénéficie également de l’appui de l’Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale.

Un projet pour fluidifier les déplacements et soutenir le développement économique

Le PMUD-GN couvre les communes d’Abomey-Calavi, Cotonou, Sèmè-Kpodji, Porto-Novo et Ouidah, où près de 2,6 millions d’habitants, soit environ 20 % de la population nationale, résident. La région concentre plus d’un tiers du PIB du pays et fait face à des problèmes majeurs de congestion, d’insécurité routière et de pollution atmosphérique. La croissance démographique prévue, estimée à 3 millions d’habitants d’ici 2030, accentue l’urgence de mettre en place des solutions durables et structurantes.

Le projet vise à développer un système de transport multimodal efficace, comprenant :

  • La rénovation et l’extension des infrastructures routières ;

  • L’introduction de bus pour le transport public ;

  • La mise en place de solutions de gestion intelligente du trafic ;

  • Le développement de transports lagunaires pour compléter le réseau terrestre.

Inclusion des opérateurs privés et électrification des véhicules

Une attention particulière est portée à l’intégration des opérateurs informels, tels que les conducteurs de motos-taxis (« Zémidjans » ou « Kèkènon ») et les minibus appelés « Tokpa Tokpa ». Le projet prévoit une électrification progressive des motos et un programme de professionnalisation des chauffeurs pour améliorer la sécurité, la régularité et la qualité du service.

Une démarche durable face aux enjeux environnementaux

Le PMUD-GN met la durabilité au cœur de ses priorités, dans un contexte où la qualité de l’air se dégrade rapidement. Selon la Banque mondiale, le carburant de mauvaise qualité importé via des réseaux informels depuis le Nigeria contribue à un niveau de pollution jusqu’à quatre fois supérieur aux normes de l’OMS.

Pour les autorités béninoises, ce projet constitue une réponse stratégique aux défis croissants de la mobilité, en combinant développement économique, réduction de l’empreinte environnementale et amélioration de la qualité de vie des habitants du Grand-Nokoué.