Transport routier au Gabon : un MoU lance la digitalisation intégrée de la gestion des flux terrestres
Libreville engage la modernisation de son système de transport terrestre avec un projet de plateforme nationale digitalisée, visant sécurité, traçabilité des véhicules et pilotage des flux.
Gabon : l’État signe un MoU pour bâtir un système intégré et digitalisé du transport terrestre
Le 2 février 2026, le ministère gabonais des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique a signé un Mémorandum d’Entente (MoU) avec INFRAGROUP Holding. Objectif : poser les bases d’un Système de Gestion Intégré du Transport Terrestre à l’échelle nationale.
L’accord fait suite à une présentation technique du projet le 12 janvier 2026. Il marque une première étape opérationnelle vers la transformation de la gouvernance du transport routier au Gabon, avec un accent mis sur la digitalisation des procédures, le suivi en temps réel de la circulation et la structuration des données du secteur.
Le chantier s’inscrit dans la politique nationale de sécurité routière et dans l’agenda de modernisation des transports porté par l’exécutif.
Une architecture numérique pour piloter circulation et conformité
Sur le plan technique, le projet prévoit la mise en place progressive d’une plateforme numérique interopérable couvrant l’ensemble de la chaîne de gestion du transport routier :
- suivi et contrôle en temps réel des flux de circulation,
- création d’un registre national des véhicules,
- verbalisation électronique des infractions,
- production et exploitation de données statistiques fiables sur l’accidentalité.
À ces briques s’ajoutent un volet renforcement des capacités des forces de contrôle et un dispositif d’optimisation de la mobilisation des ressources non fiscales liées au transport.
Pour l’administration, l’enjeu est double : gagner en efficacité opérationnelle et améliorer la traçabilité des actifs roulants. Pour les opérateurs et usagers, la promesse est une réduction des frictions administratives et une meilleure prévisibilité des déplacements.
Impact opérationnel immédiat : flux, délais, capacité
À court terme, la digitalisation doit permettre :
- une meilleure fluidité des flux urbains et interurbains,
- un raccourcissement des délais de traitement (immatriculation, contrôles, infractions),
- une visibilité accrue sur le parc roulant, utile pour la planification des infrastructures et la gestion des pics de trafic.
Dans un contexte où le transport routier concentre l’essentiel des déplacements de personnes et de marchandises, l’accès à des données consolidées devient un levier direct d’optimisation des itinéraires, de réduction des coûts d’exploitation et d’amélioration de la sécurité.
Pour la logistique domestique, notamment autour de Libreville et des corridors intérieurs, le suivi en temps réel ouvre la voie à une meilleure synchronisation entre transport, distribution urbaine et livraisons du dernier kilomètre.
Brève perspective régionale
En Afrique centrale, peu de pays disposent aujourd’hui de systèmes intégrés couvrant à la fois registre des véhicules, contrôle en temps réel et verbalisation électronique. Le projet gabonais s’aligne sur des démarches observées en Afrique de l’Est et en Afrique australe, où la digitalisation du transport routier est devenue un outil clé de réduction des accidents et d’optimisation logistique.
Avec ce MoU, le Gabon enclenche la structuration d’un transport routier digitalisé. À court terme, les gains porteront sur la fluidité et la conformité. À moyen terme, l’enjeu est clair : transformer la donnée en levier de performance pour la mobilité, la logistique intérieure et la sécurité des usagers.

