Burkina Faso : ITAOUA Motors démarre l’assemblage local de véhicules électriques avec l’appui du FBDES

Burkina Faso : ITAOUA Motors démarre l’assemblage local de véhicules électriques avec l’appui du FBDES

À Tanghin-Dassouri, près de Ouagadougou, une usine d’assemblage de véhicules et motos électriques entre en phase opérationnelle, ouvrant un nouveau chapitre industriel pour la chaîne de valeur mobilité du pays.

Des véhicules électriques « made in Burkina-Faso » avec une implication directe de l’Etat

Le Burkina Faso franchit un cap industriel avec l’entrée en service progressive d’une unité d’assemblage de véhicules électriques portée par la start-up locale ITAOUA Motors SA, en partenariat avec le Fonds Burkinabè de Développement Économique et Social (FBDES). Le site est implanté à Tanghin-Dassouri, à quelques kilomètres de Ouagadougou, avec un objectif clair : produire localement voitures et motos électriques adaptées aux usages urbains et périurbains.

Le FBDES a mobilisé 3,75 milliards de FCFA, dont 750 millions en prises de participation représentant 25 % du capital social. Ce financement est dédié à la construction d’infrastructures industrielles modernes et à l’acquisition d’équipements spécialisés pour l’assemblage de véhicules électriques, traduisant un engagement direct de l’État axé sur la substitution aux importations et la création d’emplois techniques locaux.

Une production pensée pour le marché local

Les premiers modèles annoncés — Sahel et Native — visent une autonomie d’environ 330 km après 30 minutes de charge rapide, un paramètre clé pour l’exploitation en milieu urbain ouest-africain. Une partie de l’assemblage est déjà réalisée dans la capitale, notamment à Ouaga 2000, où des ingénieurs burkinabè ont été formés aux process industriels avec l’appui de partenaires techniques internationaux.

Cette approche permet :

  • une réduction des coûts logistiques liés à l’importation de véhicules finis,
  • un raccourcissement des délais de mise sur le marché,
  • un transfert de compétences locales sur l’assemblage, la maintenance et le contrôle qualité.

À terme, ITAOUA prévoit aussi une gamme de motos électriques, segment critique dans les villes africaines où les deux-roues absorbent une part majeure des flux quotidiens.

Impact opérationnel immédiat sur la chaîne mobilité

Pour l’écosystème local, l’effet est tangible :

  • capacité industrielle nouvelle sur un segment technologique avancé,
  • emplois directs dans l’assemblage et l’ingénierie, et indirects dans la distribution, la maintenance et les services,
  • baisse attendue de la facture d’importation de véhicules thermiques.

Sur le plan logistique, l’assemblage local modifie la structure des flux : moins de véhicules complets importés, davantage de composants, batteries et sous-ensembles à acheminer, avec un besoin accru de coordination supply chain, stockage sécurisé et gestion des pièces critiques.

Dans un contexte urbain marqué par la congestion et la hausse des coûts énergétiques, l’introduction de véhicules électriques produits localement ouvre aussi la voie à des flottes professionnelles (taxis, livraisons du dernier kilomètre, administrations), avec des gains potentiels sur les coûts d’exploitation.

Brève perspective régionale

À l’échelle ouest-africaine, peu de pays disposent encore d’unités dédiées à l’assemblage de véhicules électriques. Le Burkina Faso rejoint une dynamique observée au Kenya ou en Afrique du Sud, mais avec une approche centrée sur l’adaptation aux contraintes locales (coût, autonomie, usages). Si le modèle tient, il pourrait inspirer d’autres capitales de la sous-région, notamment pour les flottes urbaines et la logistique du dernier kilomètre.

Avec l’usine ITAOUA, le Burkina Faso pose les bases d’une mobilité urbaine électrique intégrée à sa stratégie industrielle. À court terme, l’impact se mesure en capacité locale et en emplois. À moyen terme, l’enjeu est supply chain : sécuriser les composants, structurer la distribution et rendre l’électrique économiquement viable pour les usages quotidiens.