Depuis le 1er janvier 2026, le Cameroun applique officiellement le Tarif extérieur commun (TEC) CEEAC–CEMAC, une réforme majeure visant à harmoniser les droits de douane et à renforcer l’intégration régionale. Cette avancée structurante pour le commerce africain a des implications directes sur la logistique en Afrique, le transport en Afrique et l’organisation des chaînes d’approvisionnement en Afrique centrale.
Une étape clé de l’intégration régionale en Afrique centrale
Approuvé le 18 octobre 2024 par les 11 États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), le Tarif extérieur commun est entré en application au Cameroun au 1er janvier 2026, selon la Direction générale des Douanes (DGD). Cette mise en œuvre concrétise un long processus d’harmonisation tarifaire entre la CEEAC et la CEMAC, engagé depuis plus d’une décennie.
L’objectif est double : unifier les politiques douanières vis-à-vis des pays tiers et créer les conditions d’un marché commun plus intégré, capable de soutenir la compétitivité régionale et de fluidifier les échanges commerciaux.
Le TEC CEEAC–CEMAC : un cadre unifié pour les importations
Le Tarif extérieur commun concerne exclusivement les droits de douane applicables aux importations en provenance de pays extérieurs aux deux communautés. Il se distingue de la TVA et des droits d’accise, qui demeurent, à ce stade, de compétence nationale.
Une grille tarifaire de 0 % à 40 %
Le barème du TEC s’échelonne de 0 % à 40 %, selon la nature des produits importés :
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0 % : semences de céréales, véhicules et machines dédiés au transport aérien
- 5 % : pièces d’équipement médical
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5 % à 10 % : matériel roulant ferroviaire, pièces d’équipement médical
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5 % à 20 % : produits laitiers, matériaux de construction (ciment), véhicules de transport maritime
- 10 % à 20 % : pompes, machines industrielles et non industrielles
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20 % : viandes (porcine, bovine, etc.), captures de reptiles, poissons et crustacées importés hors sous-région, jouets, instruments musicaux, armes, munitions, meubles
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40 % (taux maximal) : poudre de cacao, produits à base de tabac, déchets pharmaceutiques, eau minérale et boissons toniques, tissus en coton et en polyester, vêtements et accessoires prêts-à-porter, mèches de cheveux
Cette classification vise à protéger certaines filières locales tout en facilitant l’accès aux intrants essentiels pour les économies de la sous-région.
Des impacts directs sur la supply chain Afrique et les flux logistiques
L’adoption du TEC modifie profondément les conditions d’import-export en Afrique centrale. En uniformisant les droits de douane, la CEEAC entend réduire les distorsions tarifaires qui compliquaient jusqu’ici la gestion de la supply chain Afrique et renchérissaient les coûts logistiques.
Pour les opérateurs du transport maritime Afrique, du transport routier Afrique et du transport aérien Afrique, cette harmonisation améliore la lisibilité réglementaire et favorise une meilleure planification des flux à l’échelle régionale. Elle constitue également un levier pour le développement des infrastructures logistiques africaines et des corridors logistiques africains reliant les ports aux hinterlands.
Une réforme stratégique pour la logistique et le commerce africain
L’application du Tarif extérieur commun au Cameroun marque une avancée décisive pour le commerce africain et la modernisation du cadre douanier en Afrique centrale. En améliorant la prévisibilité tarifaire et en soutenant l’intégration régionale, le TEC constitue un levier stratégique pour renforcer la compétitivité, fluidifier le transport en Afrique et consolider les chaînes d’approvisionnement africaines dans un environnement commercial de plus en plus intégré.

